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Lire une exigence de résistance au feu

📐 Focus6 min de lecture

Ce que vous trouverez dans cet article Comment se décompose une notation de résistance au feu, ce que chaque lettre engage, la différence avec la réaction au feu, et les pièges de lecture les plus fréquents.

Une exigence de résistance au feu se présente sous forme de lettres suivies d'un nombre. Cette notation est lisible dès qu'on en connaît la logique, et la connaître évite des erreurs de spécification coûteuses.

Résistance au feu et réaction au feu

Deux notions distinctes, régulièrement confondues, et qui ne portent pas sur la même chose. La résistance au feu et la réaction au feu ne mesurent pas la même chose.

La résistance au feu est la capacité d'un élément de construction à continuer de remplir sa fonction pendant un incendie. Elle concerne des ouvrages : parois, planchers, portes, gaines.

La réaction au feu est le comportement d'un matériau vis-à-vis du feu, c'est-à-dire sa contribution au développement de l'incendie. Elle concerne des produits.

Une paroi a une résistance au feu. Un revêtement a une réaction au feu. Confondre les deux conduit à spécifier un produit qui ne répond pas à l'exigence.

La structure d'une notation de résistance

La notation combine des lettres, indiquant les fonctions maintenues, et un nombre, indiquant la durée en minutes. Chaque lettre correspond à une fonction précise.

Trois lettres principales.

R pour la capacité portante, c'est-à-dire l'aptitude à supporter les charges.

E pour l'étanchéité au feu, c'est-à-dire l'aptitude à empêcher le passage des flammes et des gaz chauds.

I pour l'isolation thermique, c'est-à-dire l'aptitude à limiter la transmission de chaleur.

Le nombre exprime une durée en minutes pendant laquelle les fonctions désignées sont maintenues.

Les lettres se combinent selon la fonction de l'élément. Un élément porteur non séparatif ne porte que la première, un élément séparatif non porteur les deux suivantes, un élément à la fois porteur et séparatif les trois.

D'autres lettres complémentaires existent pour des performances particulières, notamment le rayonnement ou la fermeture automatique, et leur signification est définie par la classification européenne applicable. Leur présence se vérifie dans le procès-verbal d'essai.

La structure d'une classification de réaction

La logique est différente : il s'agit d'un classement, pas d'une durée. Le classement porte sur la contribution du produit au feu.

Les produits sont classés selon leur contribution au feu, d'un niveau correspondant à une contribution négligeable jusqu'à un niveau sans performance déterminée. Le classement figure dans la déclaration de performance du produit.

Deux indices complémentaires accompagnent le classement principal : l'un porte sur la production de fumée, l'autre sur les gouttelettes ou particules enflammées.

Ces indices ne sont pas accessoires. Un produit peut présenter un bon classement principal et un mauvais indice de fumée, et une exigence porte souvent sur les trois éléments à la fois.

Notation Fonction maintenue Élément concerné
R Capacité portante, aptitude à supporter les charges Élément porteur non séparatif
E Étanchéité au feu, arrêt des flammes et gaz chauds Élément séparatif non porteur
I Isolation thermique, limitation de la transmission de chaleur Élément séparatif non porteur
REI Les trois fonctions réunies Élément porteur et séparatif
Nombre associé Durée en minutes de maintien des fonctions Toutes catégories

Les pièges de lecture

Quatre erreurs se rencontrent régulièrement. Elles tiennent à la confusion entre les deux notions et à la lecture des notations.

Confondre l'exigence et la performance du produit. L'exigence porte sur l'ouvrage mis en œuvre, pas sur le produit isolé. Une porte performante mal posée ne satisfait pas à l'exigence.

Ignorer le sens de sollicitation. Certaines performances sont directionnelles, et un élément peut être classé différemment selon la face exposée.

Négliger le domaine d'application du classement. Une performance est établie pour une configuration d'essai déterminée, et la transposer hors de ce domaine n'est pas automatique.

Confondre les notations anciennes et actuelles. Le système européen a remplacé des notations nationales antérieures, et un document ancien peut employer une terminologie qui n'a plus cours. Les correspondances ne sont pas de simples traductions.

Ce que la notation n'indique pas

Trois limites utiles.

Elle ne dit rien de la mise en œuvre. Les conditions de pose, les jonctions et les traversées conditionnent la performance réelle.

Elle ne dit rien de la durabilité. Une performance est établie à l'état neuf, dans des conditions d'essai.

Elle ne dispense pas de vérifier la compatibilité. Assembler deux éléments performants ne produit pas nécessairement un ensemble performant, notamment aux jonctions.

Ce que cela implique pour un professionnel

Quatre règles.

Reprendre la notation exacte dans les documents, sans la simplifier ni la traduire.

Vérifier que le produit proposé couvre la configuration réelle, et pas seulement la performance nominale.

Traiter les jonctions et traversées comme un sujet à part entière, puisque c'est là que la performance se perd.

Se méfier des documents anciens, dont les notations peuvent relever d'un système abandonné.

Cet article présente une méthode de lecture à la date de vérification et sert d'orientation professionnelle. Il ne remplace ni un conseil juridique ni la consultation des normes de classification applicables.

Questions fréquentes

La résistance au feu mesure la durée pendant laquelle un élément conserve des fonctions données, la réaction au feu classe la contribution d'un produit à l'incendie. Les deux notions sont régulièrement confondues.

R désigne la capacité portante, E l'étanchéité au feu, I l'isolation thermique. Elles se combinent selon que l'élément est porteur, séparatif ou les deux.

Il exprime une durée en minutes pendant laquelle les fonctions désignées sont maintenues. Il se lit toujours avec les lettres qui le précèdent.

Non, deux indices complémentaires l'accompagnent, l'un sur la production de fumée, l'autre sur les gouttelettes enflammées. Une exigence porte souvent sur les trois éléments à la fois.

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