Trois origines, trois traitements
| Origine | Qui en supporte le principe |
|---|---|
| Découverte | l'aléa du bâtiment, financé par la provision |
| Modification du programme | le maître d'ouvrage, qui a choisi |
| Erreur ou omission | celui qui a établi le document fautif |
Ces trois origines produisent le même effet visible, un travail non prévu qui s'exécute, mais elles n'ont ni le même responsable ni le même financement.
Distinguer l'origine avant de discuter du prix est donc la première étape, et c'est celle qu'on saute le plus souvent.
Les découvertes relèvent de la clause dédiée, traitée dans l'article sur les clauses de découverte.
Le processus à écrire
Cinq étapes, avec un principe qui les gouverne toutes. L'accord précède l'exécution.
La demande écrite, précisant l'objet et son origine.
Le chiffrage, dans un délai convenu.
L'effet sur le délai, indiqué explicitement, un supplément de travaux ayant presque toujours un effet sur le calendrier.
L'acceptation écrite avant exécution.
La traçabilité, chaque avenant étant numéroté et rattaché au marché initial.
Le principe qui les gouverne : aucune exécution sans acceptation écrite. C'est la seule règle qui protège les deux parties.
Les prix applicables
Un point technique qui évite l'essentiel des désaccords sur les montants. Le prix de l'avenant se fixe selon une règle convenue d'avance.
Trois situations, à prévoir au contrat.
Le poste existe au métré. Le prix unitaire du marché s'applique, ce qui rend le chiffrage incontestable. C'est l'argument le plus fort en faveur d'un métré détaillé, traité dans l'article sur le métré en rénovation.
Le poste est analogue à un poste existant. Le prix s'établit par assimilation, selon une méthode à définir.
Le poste est entièrement nouveau. Le prix se négocie, et c'est la situation la plus défavorable au maître d'ouvrage, puisqu'il négocie sans alternative.
Un métré détaillé réduit donc mécaniquement la zone de négociation, ce qui est sa fonction économique la plus concrète.
Les mécanismes de décompte et d'état d'avancement relèvent du guide sur le métré et le cahier des charges. Leur fonctionnement y est détaillé.
Pourquoi l'accord verbal ne suffit pas
Trois raisons pratiques, indépendantes de toute question de bonne foi. Elles expliquent pourquoi l'écrit protège les deux parties.
Le contenu se déforme. Ce qui a été convenu oralement diverge de bonne foi entre les parties, quelques semaines plus tard.
L'origine se perd. Une modification acceptée verbalement ne conserve pas trace de son origine, ce qui rend impossible de savoir qui devait la financer.
La preuve manque. En cas de désaccord, celui qui invoque un accord verbal doit l'établir, ce qui est rarement possible.
Un message écrit confirmant un accord pris sur place suffit, ce n'est pas une question de formalisme mais de trace.
La dérive du budget par accumulation
Un phénomène propre à la rénovation, et rarement anticipé. Les avenants s'accumulent par petites décisions successives.
Chaque avenant paraît raisonnable isolément. Des montants modestes, acceptés au fil du chantier, dans un contexte où refuser paraît mesquin.
Leur cumul dépasse souvent les découvertes spectaculaires. Le budget dérive par accumulation plutôt que par événement.
La parade est un suivi consolidé, présenté au maître d'ouvrage à intervalles réguliers, avec le solde de provision restant, ce qui rejoint l'article sur chiffrer avec une marge d'aléa.
Un maître d'ouvrage qui voit le cumul arbitre. Un maître d'ouvrage qui voit des montants isolés accepte.
Ce que cela implique pour un professionnel
Quatre règles.
Qualifier l'origine avant de chiffrer, découverte, modification ou erreur.
N'exécuter aucun supplément sans acceptation écrite, y compris sous pression de calendrier.
Indiquer systématiquement l'effet sur le délai, et pas seulement sur le prix.
Présenter un cumul consolidé à intervalles réguliers, avec le solde de provision.
Cet article présente des principes de rédaction à la date de vérification et sert d'orientation professionnelle. Il ne remplace ni un conseil juridique ni l'examen du cas particulier.