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Le métré en rénovation

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Ce que vous trouverez dans cet article Ce qui distingue un métré de rénovation d'un métré de neuf, pourquoi les postes de dépose sont les plus mal traités, comment décrire une quantité incertaine, et ce qui rend les offres comparables.

Un métré de construction neuve se déduit des plans. Un métré de rénovation se déduit des plans et d'hypothèses sur ce qui existe.

Cette part d'hypothèse doit apparaître dans le document, sinon elle apparaîtra dans les litiges. Un métré de rénovation repose sur des quantités estimées.

Ce qui change par rapport au neuf

Trois différences structurelles.

Les quantités ne se déduisent pas toutes du dessin. L'épaisseur réelle d'une paroi, la nature d'un support ou l'état d'un élément conditionnent des quantités que le relevé ne donne pas.

Des postes existent qui n'ont pas d'équivalent en neuf, au premier rang desquels la dépose et l'évacuation.

Le travail s'effectue dans un environnement contraint, ce qui affecte les rendements sans changer les quantités.

Ce dernier point est souvent confondu avec le précédent. Une quantité correcte associée à un prix unitaire de neuf produit une estimation fausse, sans que le métré soit en cause.

Les principes généraux du métré relèvent d'un autre guide, sur le métré et le cahier des charges. Les documents contractuels y sont analysés.

Les postes de dépose

Ce sont les postes les plus mal traités des métrés de rénovation, et les plus générateurs de désaccord. Ils concernent les dépose et les reprises.

Quatre raisons.

Ils sont souvent globalisés. Une ligne unique de démolition ne permet ni de comparer les offres, ni de vérifier une facturation.

Leur quantité dépend de ce qui est découvert. Une dépose révèle parfois plusieurs couches successives non documentées.

L'évacuation est un poste distinct, dont le coût dépend de la nature des matériaux et de leur tri, et qui est régulièrement oublié.

Certains matériaux imposent un traitement particulier, ce qui relève des diagnostics préalables, traités dans l'article sur l'amiante et son repérage.

La règle qui en découle : détailler les déposes par nature et par localisation, et traiter l'évacuation comme un poste à part entière.

Comment décrire une quantité incertaine

Un métré honnête distingue trois statuts, et il le dit. Il sépare le mesuré, l'estimé et le présumé.

Les quantités mesurées, établies par relevé sur l'existant, avec un degré de fiabilité élevé.

Les quantités présumées, estimées sur la base d'hypothèses explicitées, à ajuster selon le constat.

Les quantités conditionnelles, correspondant à des travaux qui ne seront exécutés que si une condition se vérifie.

Ces trois statuts doivent apparaître dans le document, avec pour chaque quantité présumée l'hypothèse sur laquelle elle repose.

Une hypothèse écrite se vérifie et se corrige. Une hypothèse implicite se discute.

Le régime juridique des quantités présumées relève du guide sur le métré et le cahier des charges. Leur traitement contractuel y est expliqué.

Statut de la quantité Origine Ce qui doit figurer au métré
Mesurée Relevé sur l'existant La quantité et son mode de relevé
Présumée Hypothèse explicitée L'hypothèse retenue et la règle d'ajustement
Conditionnelle Travaux subordonnés à une condition La condition et le prix unitaire convenu

Ce qui rend les offres comparables

Quatre conditions, et leur absence explique la plupart des écarts inexpliqués entre devis. Elles portent sur la traçabilité des quantités.

Les mêmes postes, avec la même décomposition, notamment sur les déposes.

Les mêmes hypothèses, explicitées, faute de quoi chaque entreprise chiffre un projet différent.

Les mêmes unités, ce qui n'est pas trivial en rénovation où le choix entre unité de surface, de longueur ou forfaitaire change le résultat.

Le même traitement des aléas, chaque offre indiquant si elle comporte ou non une provision, sujet traité dans l'article sur chiffrer avec une marge d'aléa.

Deux offres écartées de trente pour cent portent souvent sur deux périmètres différents, et non sur deux niveaux de prix différents.

Le choix des unités

Un point technique aux effets pratiques importants. Il concerne le mode de mesurage retenu.

L'unité de surface convient aux ouvrages homogènes et rend la vérification simple.

L'unité de longueur convient aux ouvrages linéaires, notamment aux reprises de jonction, fréquentes en rénovation.

Le forfait convient à ce qui ne se mesure pas utilement, mais il transfère l'aléa à celui qui l'accepte, et il empêche l'ajustement au constat.

Un métré entièrement forfaitaire en rénovation est un signal. Il indique soit une connaissance très fine du bâtiment, soit un transfert de risque non discuté.

Ce que cela implique pour un professionnel

Quatre règles.

Détailler les déposes par nature et localisation, et compter l'évacuation à part.

Indiquer le statut de chaque quantité, mesurée, présumée ou conditionnelle.

Écrire les hypothèses, pour qu'elles puissent être vérifiées plutôt que débattues.

Fournir la même base à toutes les entreprises consultées, seule manière d'obtenir des offres comparables.

Cet article présente des principes de méthode professionnelle et sert d'orientation. Il ne remplace ni un conseil technique ni l'examen du cas particulier.

Questions fréquentes

Il repose sur des quantités estimées, et cette part d'hypothèse doit apparaître dans le document. Sinon elle apparaîtra dans la facture finale.

En distinguant trois statuts, mesuré, présumé et conditionnel, et en écrivant l'hypothèse retenue. Une hypothèse écrite se vérifie, une hypothèse implicite se discute.

Les postes de dépose et de reprise, qui sont aussi les plus générateurs de litiges. Ils méritent un traitement explicite au métré.

Par quatre conditions portant sur la traçabilité des quantités et des hypothèses. Leur absence explique la plupart des écarts inexpliqués entre devis.

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