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📐 Guide complet19 min de lecture

COCON RÉGLEMENTATION — ARTICLE PILIER (n°1/20) | Mot-clé : réglementation construction France | ~3 800 mots

Réglementation de la construction en France : le guide complet 2025

Permis de construire, accessibilité PMR, sécurité incendie, normes ERP, RE2020… Comprendre le cadre réglementaire qui s'impose à tout projet de construction en France.

Déposer un permis de construire sans avoir anticipé les règles d'accessibilité. Livrer un restaurant qui échoue à sa commission de sécurité incendie. Démarrer un programme de logements collectifs sans intégrer la RE2020 dans le budget. Ces situations arrivent plus souvent qu'on ne le croit — et elles coûtent cher.

La réglementation de la construction en France est dense, stratifiée et en évolution permanente. Elle mobilise simultanément le Code de la construction et de l'habitation, le Code de l'urbanisme, des dizaines d'arrêtés techniques, des normes européennes et des règlements locaux. Maîtriser ce maquis n'est pas une option : c'est le premier geste de tout projet maîtrisé.

Ce guide recense les cinq familles de normes qui structurent tout projet de construction en France, explique comment elles se combinent selon le type de bâtiment, et précise qui — de l'architecte au maître d'ouvrage, en passant par l'économiste de la construction — porte la responsabilité de leur respect.

ℹ Ce que vous allez apprendre dans cet article

Les 5 familles de normes applicables à tout projet de construction

Les différences fondamentales entre construction neuve et rénovation

Comment identifier la réglementation applicable selon le type de bâtiment

Qui est responsable du respect des normes sur un projet

Les cas particuliers : IGH, ERP, ICPE

Comment intégrer la réglementation dans les études économiques

La hiérarchie des normes : comprendre avant d'appliquer

La réglementation de la construction française obéit à une pyramide du droit : la loi fixe les grands principes, les décrets en précisent les modalités, les arrêtés ministériels définissent les exigences techniques. Cette hiérarchie est fondamentale : un arrêté ne peut pas contredire un décret, un décret ne peut pas contredire une loi.

À cela s'ajoutent les textes européens — règlements directement applicables et directives transposées en droit national — ainsi que les normes, qui occupent une position particulière : elles ne sont pas réglementaires par nature, mais peuvent le devenir lorsqu'un texte réglementaire les rend obligatoires.

Les DTU (Documents Techniques Unifiés), aujourd'hui intégrés au corpus des normes AFNOR, constituent les « règles de l'art » du bâtiment. Leur respect n'est pas obligatoire, mais s'en écarter expose à des difficultés en cas de sinistre ou de litige. Les Eurocodes, eux, ont remplacé les anciennes normes de calcul de structure et s'imposent désormais comme référence incontournable pour tous les calculs parasismiques, béton, bois et métal.

Pour un maître d'œuvre, comme le souligne le guide pratique de référence de la profession, la compétence réglementaire tient avant tout à la capacité d'accéder aux textes sources — sur Légifrance pour les textes législatifs, sur les sites spécialisés pour les règlements techniques — plutôt qu'aux fiches fabricants, souvent périmées ou inexactes.

Les 5 familles de normes à maîtriser

Tout projet de construction en France est soumis à cinq blocs réglementaires principaux. Ils s'appliquent simultanément, se combinent selon l'usage du bâtiment, et nécessitent chacun une expertise spécifique.

L'accessibilité PMR — Loi Handicap 2005

Fondée sur la loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances des personnes handicapées, la réglementation accessibilité est aujourd'hui l'une des plus détaillées du secteur. Elle impose des exigences précises sur les dimensions, les pentes, les équipements et les contrastes visuels.

Elle distingue trois situations réglementaires distinctes : les logements neufs, les Établissements Recevant du Public (ERP) neufs, et les bâtiments existants. Les exigences ne sont pas les mêmes selon que l'on construit un immeuble de logements collectifs, un commerce ou qu'on réhabilite un ERP ancien.

Pour les logements neufs, les obligations portent sur les cheminements extérieurs, les places de stationnement, les accès aux bâtiments, les circulations horizontales et verticales dans les parties communes, les portes et sas, l'éclairage, et les caractéristiques minimales des logements situés en rez-de-chaussée ou desservis par ascenseur.

Pour les ERP neufs, le référentiel est encore plus exigeant : il couvre l'ensemble du parcours du visiteur depuis le trottoir jusqu'aux sanitaires, en passant par l'accueil, les circulations intérieures, les équipements de commande et la signalétique.

Les ERP existants bénéficient de dispositions dérogatoires via le mécanisme de l'Ad'Ap (Agenda d'Accessibilité Programmée), qui permet d'étaler les travaux de mise en conformité sur une période allant de 3 à 9 ans selon la catégorie de l'établissement.

Logements neufs

ERP neufs

ERP existants

Obligations sur parties communes et logements accessibles

Parcours complet visiteur : accès, circulations, sanitaires, accueil

Dérogations possibles, mise en conformité via Ad'Ap (3 à 9 ans)

Largeur de circulation min. : 1,20 m

Largeur de passage libre min. : 0,90 m (portes)

Règles allégées par rapport au neuf, selon contraintes techniques

Ascenseur obligatoire dès R+2 si >15 logements par niveau

Sanitaires PMR spécifiques dans chaque niveau accueillant du public

3 types de dérogations : impossible technique, patrimoine, disproportion

La sécurité incendie — Du bâtiment d'habitation à l'IGH

La réglementation incendie est organisée selon la destination du bâtiment : habitation, Établissement Recevant du Public (ERP), Établissements Recevant des Travailleurs (ERT) ou Immeubles de Grande Hauteur (IGH). Ces catégories ne se recoupent pas et impliquent des textes distincts.

Le premier concept fondamental est la distinction entre réaction au feu (comportement d'un matériau face aux flammes) et résistance au feu (comportement d'une structure sous l'action du feu). Depuis l'alignement européen, la classification française M0-M4 a été remplacée par les Euroclasses A1, A2, B, C, D, E, F. De même, les degrés SF (stable au feu), CF (coupe-feu) et PF (pare-flammes) ont cédé la place aux désignations normalisées R, E et I, exprimés en minutes (REI 60, EI 30, R 120…).

Pour les bâtiments d'habitation, le régime dépend de la famille : habitation individuelle (familles 1 et 2), immeuble collectif de faible hauteur (famille 3, R+3 à R+7) ou immeuble de grande hauteur (famille 4 au-delà de 28 m pour les logements). Les exigences en résistance au feu des planchers, d'encloisonnement des escaliers et de comportement des façades sont progressivement renforcées avec la hauteur.

Pour les ERP, le Règlement de sécurité contre l'incendie (arrêté du 25 juin 1980 modifié) constitue le texte de référence. Il s'organise en quatre livres : dispositions communes à tous les ERP (articles GN), dispositions des ERP des quatre premières catégories, dispositions de la 5e catégorie, et établissements spéciaux. Les articles CO (construction) sont parmi les plus importants pour l'architecte : ils définissent les dégagements, les voies d'accès pompiers, la règle C+D pour les façades, les locaux à risque.

Au-delà de 28 m pour les bureaux, de 50 m pour les logements, on entre dans le régime IGH (Immeuble de Grande Hauteur) avec ses propres règles, répertoriées sous les classifications GHA, GHB, GHO, GHW, etc. Ces bâtiments font l'objet d'un contrôle par la Commission centrale de sécurité.

⚠ Point de vigilance : ERP avec locaux de sommeil

Les hôtels, auberges de jeunesse, internats et établissements de soins avec hébergement sont soumis à des exigences nettement plus strictes que les ERP sans nuitées. La détection automatique d'incendie (DAI) et un SSI de catégorie A y sont généralement obligatoires. Ces surcoûts sont souvent sous-évalués dans les estimations préliminaires.

La réglementation ERP — Un classement à double entrée

Les Établissements Recevant du Public constituent une catégorie réglementaire à part entière. Tout bâtiment accueillant du public — même de manière occasionnelle — est soumis au Règlement ERP, indépendamment de sa taille.

Le classement ERP combine deux variables : le type d'activité (de J à Y selon la nomenclature réglementaire : J pour les structures accueillant des personnes âgées ou handicapées, L pour salles de spectacle, M pour les commerces, N pour les restaurants, O pour les hôtels, W pour les bureaux ouverts au public, etc.) et la catégorie selon l'effectif accueilli.

Catégorie

Effectif du public + personnel

Groupe

1re cat.

Plus de 1 500 personnes

1er groupe

2e cat.

De 701 à 1 500 personnes

1er groupe

3e cat.

De 301 à 700 personnes

1er groupe

4e cat.

300 personnes et au-dessous, jusqu'au seuil de 5e cat.

1er groupe

5e cat.

En dessous du seuil propre à chaque type (souvent 200 pers.)

2e groupe

Les ERP des 1re à 4e catégories sont soumis aux dispositions générales du Règlement, assorties des adaptations propres à chaque type d'activité. Les ERP de 5e catégorie bénéficient d'un régime simplifié, défini dans un volume distinct. Un ERP ne peut ouvrir au public sans avoir reçu un avis favorable de la commission de sécurité — préfectorale pour les ERP des 1re à 4e catégories, communale pour la 5e.

L'urbanisme et les autorisations de construire

Avant même d'aborder les normes techniques, tout projet est conditionné par les règles d'urbanisme. Ces règles s'organisent selon une hiérarchie : le Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT) encadre les Plans Locaux d'Urbanisme (PLU), qui eux-mêmes définissent les règles applicables à chaque parcelle.

Le PLU est l'outil central. Il divise le territoire en zones (U pour urbain, AU pour à urbaniser, N pour naturel, A pour agricole) et fixe pour chaque zone les règles de construction : hauteur maximale, implantation par rapport aux limites séparatives, coefficient d'occupation des sols, aspect extérieur, obligations en matière de stationnement. En l'absence de PLU, le Règlement National d'Urbanisme (RNU) s'applique.

L'autorisation d'urbanisme varie selon la nature et la superficie des travaux. Le permis de construire est obligatoire pour toute construction nouvelle supérieure à 20 m² de surface de plancher, ou 40 m² en zone couverte par un PLU. L'obligation de recourir à un architecte s'impose dès que la surface de plancher dépasse 150 m² pour les maisons individuelles, sans seuil pour les personnes morales. La déclaration préalable de travaux s'applique aux constructions de moindre importance ou aux modifications de façades.

Les délais d'instruction varient : 2 mois pour une construction ordinaire, 3 mois pour un ERP, 4 mois si le projet est situé dans un secteur soumis à l'avis de l'Architecte des Bâtiments de France (ABF). Ces délais doivent impérativement être anticipés dans le calendrier de l'opération.

La loi ALUR (2014) et la loi ELAN (2018) ont profondément remanié ce paysage : simplification des procédures, renforcement du droit des sols, introduction du bail réel solidaire, encadrement des locations touristiques. La connaissance de ces évolutions est indispensable pour les opérations de renouvellement urbain.

ℹ Les délais d'instruction du permis de construire

Construction ordinaire : 2 mois

ERP (Établissement Recevant du Public) : 3 mois

Périmètre ABF (Architecte des Bâtiments de France) : 4 mois

Ces délais courent à compter d'un dossier complet — tout oubli de pièce repart le compteur.

La RE2020 — La performance environnementale des bâtiments neufs

Entrée en vigueur le 1er janvier 2022 pour les logements, puis étendue aux bureaux et établissements d'enseignement au 1er juillet 2022, la Réglementation Environnementale 2020 (RE2020) remplace la RT2012. Elle introduit une rupture conceptuelle : pour la première fois, la réglementation française intègre non seulement les consommations d'énergie, mais aussi l'empreinte carbone du bâtiment — y compris celle des matériaux de construction et du chantier lui-même.

La RE2020 repose sur six indicateurs, répondant chacun à des exigences minimales fixées par l'arrêté du 4 août 2021, modifié par l'arrêté du 14 août 2024 et le décret du 30 décembre 2024 :

Indicateur

Unité

Ce qu'il mesure

Bbio

points

Besoins bioclimatiques — conception de l'enveloppe et de l'orientation

Cep

kWhep/(m².an)

Consommations d'énergie primaire totale (5 usages RT2012 + éclairage, ascenseurs…)

Cep,nr

kWhep/(m².an)

Consommations d'énergie primaire non renouvelable

Icénergie

kg eq. CO2/m²

Impact carbone des consommations d'énergie sur 50 ans (ACV)

Icconstruction

kg eq. CO2/m²

Impact carbone des matériaux et du chantier (ACV)

DH

°C.h

Degrés-heures d'inconfort en été — garantie de confort thermique estival

La RE2020 ne s'applique qu'aux bâtiments neufs. Les travaux de rénovation relèvent de la Réglementation Thermique des bâtiments Existants (réglementée par élément ou par type de travaux) — une confusion fréquente qui peut fausser les arbitrages budgétaires.

Les attestations de prise en compte de la RE2020 sont obligatoires à deux étapes : au dépôt du permis de construire (attestation sur les indicateurs Bbio, DH et Icconstruction) et à l'achèvement des travaux (attestation sur l'ensemble des indicateurs). Leur absence bloque la délivrance du permis.

Neuf vs rénovation : deux mondes réglementaires

L'une des erreurs les plus fréquentes dans les études de faisabilité est de traiter rénovation et construction neuve avec le même référentiel. Les obligations ne sont pas symétriques.

En construction neuve, l'intégralité des réglementations s'applique : accessibilité PMR, sécurité incendie selon le type et la hauteur, RE2020, règles d'urbanisme locales. Le projet est conçu ex nihilo en conformité avec les normes en vigueur au moment du dépôt du permis.

En rénovation, le principe général est celui du maintien de l'existant : on n'est pas tenu d'amener le bâtiment au niveau du neuf sur tous les points. Mais ce principe connaît des exceptions importantes. Certains travaux « déclenchent » l'application des normes neuves, notamment lorsque la nature des travaux s'apparente à une reconstruction ou lorsque leur ampleur dépasse un certain seuil.

Le changement de destination d'un bâtiment (transformer un immeuble de bureaux en logements, ou une maison en ERP) constitue l'exemple typique d'une situation qui déclenche l'application de normes neuves — pour l'accessibilité PMR notamment, et parfois pour la sécurité incendie.

Réglementation

Bâtiment neuf

Rénovation / Existant

Accessibilité PMR

Obligations complètes pour logements et ERP

Obligations allégées + dérogations pour ERP existants via Ad'Ap

Sécurité incendie

Référentiel complet selon type et hauteur

Maintien de l'existant en général, améliorations ciblées selon travaux

RE2020

Obligatoire — 6 indicateurs à justifier

Ne s'applique PAS — régime RTGE (rénovation)

Urbanisme (PC)

Permis de construire systématique

Déclaration préalable ou PC selon ampleur des travaux

La réglementation selon le type de bâtiment

Chaque type de bâtiment cumule des obligations spécifiques. Le tableau ci-dessous synthétise les grandes familles réglementaires applicables aux principaux programmes de construction.

Type de bâtiment

PMR

Incendie

ERP

RE2020

IGH/ERT

Maison individuelle

✔ partiel

Fam. 1-2

✔ neuf

Immeuble d'habitation

✔ complet

Fam. 3-4

✔ neuf

ERT si H>8m

Bureaux

✔ ERT

ERT

Si public

✔ neuf

IGH si H>28m

Restaurant

✔ ERP

ERP type N

✔ type N

✔ si neuf

Commerce

✔ ERP

ERP type M

✔ type M

✔ si neuf

ICPE possible

Hôtel

✔ ERP

ERP type O + sommeil

✔ type O

✔ si neuf

Qui est responsable du respect des normes ?

La maîtrise de la réglementation est une responsabilité partagée — mais les rôles sont distincts et les responsabilités, engagées.

L'architecte concepteur est responsable de la conformité du projet aux règles d'urbanisme, aux règles d'accessibilité et aux règles de sécurité incendie ERP. Il est l'auteur du dossier de permis de construire et signe les pièces graphiques et écrites. Il engage sa responsabilité professionnelle et décennale sur ce fondement.

Le bureau de contrôle technique (BCT) vérifie, pour le compte du maître d'ouvrage, la solidité des ouvrages et la sécurité des personnes. Dans les ERP des 1re à 4e catégories, il est obligatoire. Le coordonnateur SSI (Systèmes de Sécurité Incendie) intervient pour les ERP comportant un SSI de catégorie A ou B — il assure la cohérence entre les différents équipements de sécurité incendie.

L'économiste de la construction joue un rôle souvent sous-estimé dans la chaîne réglementaire. C'est lui qui traduit les exigences normatives en coûts : surcoût PMR, adaptation des structures pour la résistance au feu, impact RE2020 sur les matériaux et les systèmes. Sans une intégration précoce de ces paramètres dans les estimations, le budget prévisionnel devient irréaliste.

Le maître d'ouvrage, enfin, est responsable de la conformité globale de l'ouvrage. C'est lui qui s'engage vis-à-vis de l'administration lors du dépôt du permis de construire, et qui doit obtenir les autorisations d'exploiter avant l'ouverture d'un ERP au public.

ℹ Mémento des responsabilités réglementaires

Architecte : conformité urbanisme, accessibilité PMR, sécurité incendie (conception)

Bureau de contrôle : solidité, sécurité des personnes — obligatoire en ERP 1re-4e cat.

Coordonnateur SSI : cohérence des équipements de sécurité incendie

Économiste de la construction : traduction des normes en coûts — estimation et DPGF

Maître d'ouvrage : responsabilité globale, autorisation d'exploitation des ERP

Les cas particuliers : IGH, ICPE et bâtiments mixtes

Certaines configurations déclenchent des régimes réglementaires spéciaux, souvent ignorés dans les premières phases de projet.

Les Immeubles de Grande Hauteur (IGH)

Le seuil qui définit un IGH est de 28 mètres pour les immeubles d'habitation (mesuré au plancher bas du niveau le plus élevé habitable), et 28 mètres également pour les immeubles de bureaux (niveau le plus haut accessible). Ces seuils déclenchent une réglementation autonome, distincte des règles ERP ou habitation, organisée selon les types GHA (habitation), GHB (bureaux), GHO (hôtels), GHW (industriels), etc. Au-delà de 200 mètres, on entre dans le régime des ITGH (Immeubles de Très Grande Hauteur). La Commission centrale de sécurité doit être consultée pour tout projet IGH.

Les Installations Classées pour la Protection de l'Environnement (ICPE)

Certaines activités industrielles, de stockage ou commerciales dépassant des seuils de volume ou de dangerosité relèvent du régime ICPE. Selon l'importance, l'activité fait l'objet d'une simple déclaration, d'un enregistrement ou d'une autorisation préfectorale (délai pouvant dépasser 12 mois). Les entrepôts logistiques sont concernés via la rubrique ICPE 1510 (stockage de matières combustibles) — un point souvent négligé dans les programmes de locaux d'activités.

Les bâtiments mixtes

Un immeuble associant logements et commerces en pied d'immeuble cumule les réglementations des deux destinations. Les deux parties doivent être séparées par une paroi coupe-feu de degré REI 120 minimum. Les circulations peuvent être communes ou distinctes selon la conception. L'accessibilité PMR suit deux régimes : habitation pour la partie logements, ERP pour la partie commerces. La complexité réglementaire d'une opération mixte se traduit directement dans le coût de construction.

Réglementation et études économiques : intégrer les normes dès l'amont

La réglementation n'est pas un frein à la conception : c'est un cadre qui, lorsqu'il est maîtrisé dès les premières phases du projet, évite les révisions de programme coûteuses et les déconvenues en commission de sécurité.

L'enjeu est d'anticiper, en phase de faisabilité ou d'esquisse, les surcoûts générés par chaque bloc réglementaire : surcoût lié à la mise en accessibilité PMR des parties communes et des logements accessibles, surcoût lié aux équipements de sécurité incendie (SSI, désenfumage, extincteurs, éclairage de sécurité), surcoût lié à la RE2020 (isolation renforcée, systèmes performants, matériaux biosourcés), surcoût lié aux obligations ERP (commission de sécurité, détection incendie, contrôle technique obligatoire).

Pour un immeuble d'habitation collectif neuf en zone urbaine, la combinaison PMR + RE2020 + sécurité incendie représente typiquement entre 8 et 15 % du coût de construction hors foncier. Ce pourcentage monte significativement pour les ERP avec locaux de sommeil (hôtels, maisons de retraite), où les équipements SSI peuvent représenter à eux seuls 5 à 8 % du budget travaux.

L'économiste de la construction qui maîtrise la réglementation peut identifier les marges d'optimisation : adapter la conception bioclimatique pour réduire le Bbio et, par ricochet, les coûts d'isolation ; dimensionner précisément les dégagements ERP pour éviter le surdimensionnement ; anticiper le classement ICPE pour intégrer les contraintes de conception et les délais administratifs avant le démarrage des travaux.

Ce qu'il faut retenir : la réglementation construction en 5 points

✔ Les 5 points essentiels à retenir

1. Cinq familles de normes s'appliquent à tout projet : PMR, sécurité incendie, ERP, urbanisme, RE2020. Elles se combinent selon la destination et la hauteur du bâtiment.

2. Le régime neuf et le régime rénovation sont fondamentalement différents — notamment sur la RE2020, qui ne s'applique pas aux travaux de réhabilitation.

3. Les ERP obéissent à un double classement : type d'activité (J à Y) et catégorie selon l'effectif. Ce classement détermine l'ensemble des obligations techniques et administratives.

4. La responsabilité réglementaire est partagée entre architecte, bureau de contrôle, coordonnateur SSI et maître d'ouvrage. L'économiste joue un rôle clé dans la traduction des normes en budget.

5. Anticiper la réglementation dès la faisabilité permet d'éviter les révisions de programme coûteuses et d'obtenir des permis et des commissions de sécurité sans accroc.

Conclusion

La réglementation de la construction en France est à la fois une contrainte et un outil. Une contrainte parce qu'elle s'impose à tous les projets et engage la responsabilité des intervenants. Un outil parce que sa maîtrise permet de concevoir des bâtiments plus sûrs, plus accessibles et plus performants — et d'en maîtriser le coût.

Que vous soyez architecte, maître d'ouvrage, promoteur ou économiste, comprendre le cadre réglementaire applicable à votre projet est la première condition d'un projet réussi. Les articles thématiques de ce cocon vous guident dans chacune des cinq familles de normes, et les articles par type de bâtiment vous donnent les obligations spécifiques à votre programme.

ℹ Pour aller plus loin — Articles du cocon Réglementation

→ Accessibilité PMR : normes complètes pour logements, ERP et bâtiments existants

→ Sécurité incendie : résistance au feu, Euroclass, désenfumage, SSI

→ Réglementation ERP : classement, catégories, commission de sécurité

→ Permis de construire et urbanisme : PLU, délais, dossier complet

→ RE2020 : indicateurs, seuils, attestations et impact sur les choix constructifs

→ Réglementation par type de bâtiment : appartement, maison, bureau, restaurant, commerce, hôtel, immeuble mixte, local d'activités

→ Articles spécialisés : IGH, réhabilitation, Ad'Ap, RE2020 et surcoûts

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Note éditoriale

Mot-clé principal : réglementation construction France | Mots-clés secondaires : normes bâtiment France, règles construction neuf rénovation, obligations architecte construction | Balise H1 : Réglementation de la construction en France : le guide complet 2025 | Intention : informationnelle, discovery | Volume : ~3 800 mots | Maillage sortant : articles 2 à 20 | Maillage entrant : tous les articles du cocon

Questions fréquentes

La réglementation de la construction française obéit à une pyramide du droit : la loi fixe les grands principes, les décrets en précisent les modalités, les arrêtés ministériels définissent les exigences techniques. Cette hiérarchie est fondamentale : un arrêté ne peut pas contredire un décret, un décret ne peut pas contredire une loi. À cela s'ajoutent les textes européens — règlements directement applicables et directives transposées en droit national — ainsi que les normes, qui occupent une position particulière : elles ne sont pas réglementaires par nature, mais peuvent le devenir lorsqu'un texte réglementaire les rend obligatoires.

Tout projet de construction en France est soumis à cinq blocs réglementaires principaux. Ils s'appliquent simultanément, se combinent selon l'usage du bâtiment, et nécessitent chacun une expertise spécifique.

L'une des erreurs les plus fréquentes dans les études de faisabilité est de traiter rénovation et construction neuve avec le même référentiel. Les obligations ne sont pas symétriques. En construction neuve, l'intégralité des réglementations s'applique : accessibilité PMR, sécurité incendie selon le type et la hauteur, RE2020, règles d'urbanisme locales.

Chaque type de bâtiment cumule des obligations spécifiques. Le tableau ci-dessous synthétise les grandes familles réglementaires applicables aux principaux programmes de construction. Type de bâtimentPMRIncendieERPRE2020IGH/ERTMaison individuelle✔ partielFam.

La maîtrise de la réglementation est une responsabilité partagée — mais les rôles sont distincts et les responsabilités, engagées. L'architecte concepteur est responsable de la conformité du projet aux règles d'urbanisme, aux règles d'accessibilité et aux règles de sécurité incendie ERP. Il est l'auteur du dossier de permis de construire et signe les pièces graphiques et écrites.

Certaines configurations déclenchent des régimes réglementaires spéciaux, souvent ignorés dans les premières phases de projet.

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