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Coûts de construction en France : ratios par m², typologies de projets et facteurs de variation (2026)

📐 Guide complet⏱ 17 min de lecture

« Ça coûte combien à construire ? » C'est la première question que pose tout maître d'ouvrage, tout investisseur, tout architecte en phase d'esquisse. Et c'est aussi la plus piégeuse, parce que la réponse juste n'est pas un chiffre, c'est une fourchette contextualisée. Un immeuble de logements à Bordeaux ne coûte pas le même prix au m² qu'un hôtel parisien, qu'un entrepôt logistique en périphérie de Lyon ou qu'une école maternelle en zone rurale. Ce guide présente les ratios de référence par usage pour la France en valeurs de janvier 2026, les facteurs qui les font varier, et la méthode pour passer d'un ratio générique à une enveloppe budgétaire fiable.

1. Pourquoi les coûts varient autant selon l'usage

Un ratio de construction au m² n'est pas une propriété universelle du bâtiment, c'est la traduction économique d'un ensemble de contraintes techniques, réglementaires et programmatiques qui diffèrent radicalement d'un usage à l'autre.

Un logement collectif standard est optimisé pour la répétabilité : les niveaux se reproduisent, les appartements se ressemblent, les lots techniques sont standardisés. Un hôtel 4 étoiles, au même coût apparent par m², concentre sur 30 % de sa surface (la cuisine, le SPA, la réception) la moitié de son budget. Un entrepôt logistique mobilise des structures simples sur de grandes surfaces mais exige des sols industriels armés et des équipements de quai qui n'ont pas d'équivalent dans le résidentiel. Un ERP comme une école ou un restaurant doit composer avec des normes acoustiques, de ventilation, d'accessibilité et de sécurité incendie qui majorent structurellement son coût par rapport à un programme équivalent en logement.

C'est pourquoi les ratios présentés dans ce guide ne sont pas interchangeables. Chaque usage a sa propre logique économique, ses propres postes dominants, ses propres marges d'aléas, et sa propre surface de référence, qu'il convient de ne pas confondre sous peine de comparer des chiffres qui ne mesurent pas la même chose.

La surface de référence : le piège le plus fréquent

Un ratio exprimé en €/m² SHAB (logement) n'est pas comparable à un ratio en €/m² SDP (permis de construire) ni à un ratio en €/m² SUB (bureaux). La SHAB est toujours inférieure à la SDP qui est elle-même inférieure à la SHOB.

Exemple : 2 000 €/m² SHAB sur un logement collectif correspond à environ 1 640 €/m² SDP (2 000 × 0,82) si le rapport SHAB/SDP est de 0,82. Mal interprété, cet écart de 360 €/m² peut fausser un budget de plusieurs centaines de milliers d'euros.

Chaque article de ce cocon précise la surface de référence retenue. Ne jamais comparer deux ratios sans vérifier qu'ils sont exprimés dans la même unité.

2. Panorama des ratios de construction par usage (janvier 2026)

Le tableau suivant présente les fourchettes de coût de construction HT (hors foncier, hors honoraires, hors VRD extérieurs) pour les principales typologies de projets en France, en valeurs de janvier 2026, province hors grandes métropoles. Les coefficients géographiques à appliquer sont détaillés dans la section suivante.

Usage Fourchette basse Fourchette haute Surface de référence Provision aléas Complexité
Maison individuelle 1 430 €/m² 2 550 €/m² SHAB 5-8 % Faible
Logement collectif 1 630 €/m² 3 270 €/m² SDP ou SHAB 5-8 % Modérée
Logement social PLUS 1 630 €/m² 2 140 €/m² SDP 5-8 % Modérée
Résidence services / EHPAD 2 240 €/m² 3 880 €/m² SU ou lit 8-12 % Élevée
Bureaux (livré blanc) 1 630 €/m² 2 860 €/m² SUB 5-8 % Modérée
Bureaux (aménagés) 2 240 €/m² 4 590 €/m² SUB 5-10 % Modérée à élevée
ERP / Restaurant 2 040 €/m² 4 080 €/m² Surface totale 10-15 % Élevée
Hôtel (par chambre) 82 000 €/ch. 306 000 €/ch. Chambre 10-15 % Élevée
École / Gymnase 1 840 €/m² 3 270 €/m² Surface utile 8-12 % Modérée à élevée
Entrepôt logistique (sec) 360 €/m² 710 €/m² SDO 5-8 % Faible
Entrepôt frigorifique 710 €/m² 1 430 €/m² SDO 8-12 % Élevée
Réhabilitation légère 310 €/m² 710 €/m² SHAB 12-15 % Modérée
Réhabilitation lourde 1 220 €/m² 2 040 €/m² SHAB 15-20 % Très élevée
Surélévation 2 240 €/m² 3 570 €/m² SHAB créée 15-20 % Élevée
Construction bois (bonus) +5 % +15 % vs béton équivalent identique

Ordres de grandeur de cadrage, non des mesures : voir la base de référence des valeurs en fin d'article. Fourchettes indicatives, tout projet nécessite un estimatif personnalisé pour une fiabilité opérationnelle.

Comment lire ce tableau

La fourchette basse correspond à un programme simple, bien défini, en zone non tendue, avec un niveau de prestation standard. La fourchette haute correspond à un programme complexe, un niveau de finition élevé, ou un contexte de construction contraignant.

Les ratios incluent : gros œuvre, second œuvre, lots techniques (CVC, électricité, plomberie), finitions, équipements fixes, et une provision pour aléas selon le taux indiqué. Ils excluent : honoraires de maîtrise d'œuvre (de 10 à 15 % de l'enveloppe travaux pour les petites opérations, de 7 à 10 % pour les plus importantes, selon les repères de la MIQCP de juin 2008, qui ne doivent pas devenir des modes de calcul), foncier, VRD extérieurs, raccordements réseaux, mobilier.

3. Les familles d'usage : logique économique de chacune

Logement (maison individuelle, collectif, résidences services)

Le logement est la famille la plus connue et la mieux documentée en ratios de construction. Pourtant, les écarts au sein de la famille sont considérables : entre une maison individuelle de plain-pied en zone rurale (1 430 €/m² SHAB) et une résidence EHPAD en métropole (3 570 €/m² SU), le rapport est de 1 à 2,5. La maison individuelle bénéficie de la simplification structurelle et de la standardisation des procédés constructifs. Le logement collectif optimise le ratio par la répétabilité des niveaux et le mutualisation des lots communs. La résidence services (EHPAD, résidence étudiante) subit les surcoûts des équipements partagés, des normes spécifiques et du programme plus complexe.

Pour aller plus loin : voir les articles Logement collectif, Maison individuelle, Logement social PLUS/PLAI et Résidences services de ce cocon.

Bureaux et tertiaire

Le tertiaire se distingue du logement par la notion de livraison en blanc et par le rôle prépondérant des lots techniques (CVC, électricité, réseau data). Un bureau livré en blanc A, c'est-à-dire avec façades, structure, fluides en attente et finitions de base, coûte entre 1 630 et 2 240 €/m² SUB. Un bureau livré aménagé pour un utilisateur final (cloisonnement, câblage, faux-plancher, finitions hautes) atteint 2 860 à 4 590 €/m². La certification environnementale (HQE, BREEAM, WELL) ajoute 5 à 15 % selon le niveau visé et la taille du bâtiment.

Pour aller plus loin : voir les articles Bureaux et tertiaire et Bureau blanc vs aménagé de ce cocon.

ERP (hôtel, restaurant, école, équipements sportifs)

La famille ERP est la plus hétérogène en termes de ratios. Son point commun est le surcoût réglementaire par rapport au logement : accessibilité PMR universelle, sécurité incendie renforcée, ventilation spécifique selon l'usage, acoustique normée. Un restaurant d'entreprise ou un fast-food concentre 35 à 50 % de son coût de travaux sur la cuisine professionnelle, la ventilation et l'extraction, postes sans équivalent dans le résidentiel. Un hôtel se raisonne en coût par chambre plutôt qu'en coût par m², avec des écarts de 1 à 4 entre un 2 étoiles économique et un établissement de luxe.

Pour aller plus loin : voir les articles ERP, Hôtel, Restaurant et commerce, École et équipements sportifs de ce cocon.

Entrepôts et logistique

L'entrepôt est la typologie la moins chère au m² en construction brute, mais aussi celle dont les coûts d'équipement varient le plus selon l'usage. Un entrepôt sec simple (360 à 510 €/m² SDO) ne partage presque rien avec un entrepôt frigorifique multi-températures (920 à 1 430 €/m²) : isolation renforcée, structure adaptée aux surcharges froid, équipements frigorifiques, consommation énergétique. La hauteur sous faîte est également un paramètre déterminant : au-delà de 12 m, la structure et les fondations sont significativement plus lourdes.

Pour aller plus loin : voir les articles Entrepôts et logistique et Entrepôt frigorifique vs sec de ce cocon.

Réhabilitation, surélévation, construction spécialisée

La réhabilitation ne se chiffre pas comme le neuf. L'incertitude structurelle, l'état réel du bâti n'est connu qu'à l'ouverture des murs, justifie des provisions pour aléas nettement plus élevées (12 à 20 % vs 5 à 8 % en neuf). La surélévation cumule les contraintes du neuf et les contraintes de la réhabilitation : diagnostic structurel préalable indispensable, interface avec le bâtiment existant, accès chantier restreint. La construction bois/biosourcée présente un surcoût initial de 5 à 15 % par rapport au béton, partiellement compensé par les avantages RE2020 (bilan carbone) et les économies en exploitation.

Pour aller plus loin : voir les articles Réhabilitation par usage, Réhabilitation énergétique, Surélévation et extension, Construction bois et modulaire de ce cocon.

4. Les coefficients géographiques

Les ratios du tableau de synthèse sont exprimés en valeurs province hors grandes métropoles. Pour les appliquer à un projet localisé, il faut les multiplier par un coefficient géographique qui reflète les écarts de marché entre zones : différentiels de main d'œuvre, tension du carnet de commandes des entreprises locales, coûts logistiques, densité urbaine.

Zone géographique Coefficient Exemple de villes Commentaire
Île-de-France (Paris intra-muros) 1,20 - 1,35 Paris Marché le plus tendu, main d'œuvre, logistique, mitoyenneté
Île-de-France (grande couronne) 1,10 - 1,20 Versailles, Évry Tension modérée mais accès chantier difficile
Grandes métropoles régionales 1,05 - 1,15 Lyon, Bordeaux, Nantes, Toulouse, Marseille Marchés actifs, carnets bien remplis
Métropoles intermédiaires 1,00 - 1,05 Rennes, Strasbourg, Grenoble, Montpellier Base de référence
Villes moyennes et zones rurales 0,90 - 1,00 Limoges, Troyes, Alençon Main d'œuvre moins chère, offre plus large
Dom-Tom (Réunion, Antilles…) 1,30 - 1,60 Fort-de-France, Saint-Denis Coûts de transport matériaux + insularité
Corse 1,15 - 1,30 Ajaccio, Bastia Insularité + marché local restreint

Ces coefficients sont des ordres de grandeur

Ils reflètent des tendances de marché constatées sur des opérations récentes, pas des facteurs contractuels. À l'intérieur d'une même zone, les écarts entre entreprises et entre types de projets peuvent être significatifs.

En période de forte tension du marché (carnet de commandes plein, pénurie de main d'œuvre), les coefficients des zones tendues peuvent temporairement dépasser les fourchettes indiquées. C'est l'un des arguments en faveur d'une consultation DCE réalisée au bon moment du calendrier.

5. Les autres facteurs de variation

La géographie n'est pas le seul facteur à appliquer à un ratio de base. Le tableau suivant recense les principaux paramètres qui font varier le coût final d'un programme par rapport au ratio de référence, avec leur ordre de grandeur d'impact.

Facteur Impact sur le coût Sens Exemple concret
Géographie ± 10 à 35 % Haussse Paris +25 % vs province moyenne
Niveau de prestation ± 20 à 80 % Hausse Logement social vs haut de gamme
Nombre de niveaux (R+n) ± 5 à 15 % Hausse Chaque niveau supplémentaire +3-5 % en structure
Présence d'un sous-sol + 10 à 20 % Hausse Parking souterrain +15 % du coût total
Forme du bâtiment (compacité) ± 5 à 15 % Hausse Plan en L ou U vs rectangle compact
Conditions de site ± 5 à 30 % Hausse Fondations spéciales, mitoyenneté, accès difficile
Inflation matériaux (période) ± 5 à 25 % Hausse 2022 : +15 % matériaux de construction en 12 mois
Certification environnementale + 5 à 15 % Hausse HQE / BREEAM / WELL sur tertiaire
Réhabilitation vs neuf Ratios différents Variable Imprévisibilité structurelle + aléas
Construction bois / biosourcée + 5 à 15 % Hausse Surcoût initial compensé en exploitation (RE2020)

La combinaison de ces facteurs peut conduire à des écarts très importants par rapport au ratio brut. Un logement collectif haut de gamme à Paris en site contraint (fondations spéciales, accès difficile, certifié HQE Excellent) peut atteindre 4 590 à 5 600 €/m² SDP, soit 2,5 à 3 fois le ratio de base province. Cette réalité justifie qu'un estimatif sérieux ne se résume jamais à la simple application d'un ratio générique.

6. Comment passer d'un ratio à une enveloppe budgétaire fiable

Voici la méthode de l'économiste pour passer des ratios de référence à une estimation du coût des travaux, sur laquelle le maître d'ouvrage fixe son budget travaux. L'exemple porte sur un immeuble de logements collectifs standard à Bordeaux.

Étape de calcul Valeur Commentaire
Ratio de base (logement collectif standard, province) 1 840 €/m² SDP Exemple fictif, établi avec les ratios de cette page.
× Coefficient géographique (Bordeaux) × 1,10 Métropole régionale en tension
= Ratio ajusté géographie 2 020 €/m²
× Coefficient niveau de prestation (intermédiaire +) × 1,08 Finitions au-dessus du standard PLUS
= Ratio ajusté prestation 2 180 €/m²
× Coefficient forme bâtiment (plan en L) × 1,06 Compacité réduite
= Ratio de travail 2 310 €/m² Base de l'estimatif APS
× Surface SDP (1 200 m²) × 1 200 Programme validé en phase esquisse
= Coût travaux estimé HT 2 772 000 € Hors honoraires, foncier, VRD ext.
Estimation des travaux HT, aléas compris 2 772 000 € Base de discussion avec le maître d'ouvrage, qui fixe son budget travaux

Ce calcul en chaîne illustre une réalité simple : le ratio de base n'est qu'un point de départ. C'est la cascade des coefficients correcteurs, géographie, prestation, forme, site, et la provision pour aléas qui transforment un ratio générique en une enveloppe budgétaire exploitable par le MOA pour ses décisions d'investissement.

La règle des trois niveaux de fiabilité

Niveau 1, Ratio brut (± 30 %) : lecture directe du tableau de synthèse, sans visite ni étude. Utile pour une pré-faisabilité rapide, pas pour une décision d'investissement.

Niveau 2, Ratio corrigé (± 15 %) : application des coefficients géographie, prestation, forme. Correspond à un estimatif APS produit par un économiste sur la base des plans esquisse.

Niveau 3, Quantitatif APD (± 5-10 %) : métré poste par poste sur plans détaillés. Base fiable pour lancer une consultation DCE et valider un financement.

7. Ce que ces ratios ne couvrent pas

Pour éviter tout malentendu, les ratios présentés dans ce guide ne comprennent pas les postes suivants, qui s'ajoutent au coût de construction pour obtenir le coût complet d'une opération.

  • Honoraires de maîtrise d'œuvre : architecte, BET structure, BET fluides, économiste, OPC, généralement de 10 à 15 % de l'enveloppe travaux pour les petites opérations, de 7 à 10 % pour les plus importantes (repères de la MIQCP, juin 2008, qui ne doivent pas devenir des modes de calcul) selon la complexité du projet.
  • Foncier et frais d'acquisition : très variable selon la localisation, peut représenter de 5 à 50 % du coût total d'une opération selon le marché immobilier local.
  • VRD extérieurs et raccordements : voiries, réseaux extérieurs, raccordements eau/électricité/gaz/fibre, souvent 5 à 15 % du coût bâtiment selon la distance aux réseaux.
  • Frais de financement : intérêts intercalaires, frais de garantie, typiquement 3 à 6 % du coût total selon la durée de l'opération.
  • Assurances construction, dont la dommages-ouvrage : poste distinct, de l'ordre de 1,5 % à 4,5 % selon la nature de l'opération d'après la MIQCP (« Évaluer l'enveloppe financière prévisionnelle d'un ouvrage de bâtiment », juin 2008), ordre de grandeur et non mode de calcul.
  • Équipements mobiliers et informatiques : mobilier, équipements spécifiques (cuisine pro, équipements sportifs, équipements médicaux), selon programme.
  • Coûts d'exploitation et de maintenance : non compris dans le coût de construction, mais l'économiste peut intégrer une analyse de coût global si le MOA le demande.

8. Utiliser ces ratios intelligemment

Les ratios de construction sont des outils de pilotage budgétaire, pas des garanties contractuelles. Leur utilité est maximale dans les phases amont, pré-faisabilité, esquisse, APS, où ils permettent de cadrer rapidement une enveloppe et de détecter les projets structurellement incompatibles avec le budget disponible.

Au-delà de la phase APS, la fiabilité d'un estimatif repose sur la quantification réelle des ouvrages à partir des plans projet, et non sur l'application de ratios. C'est à ce stade qu'intervient le travail détaillé de l'économiste de la construction : métrés corps d'état par corps d'état, application des prix unitaires de marché, structuration d'un DPGF qui deviendra la base de la consultation des entreprises.

En résumé

Les coûts de construction en France varient de 360 €/m² pour un entrepôt sec simple à plus de 5 100 €/m² pour un programme tertiaire haut de gamme en Île-de-France. Ces écarts s'expliquent par la combinaison de cinq variables principales : l'usage et sa complexité technique réglementaire, le niveau de prestation, la géographie, la forme et les conditions de site du projet, et la période de construction. Un ratio lu sans ses coefficients correcteurs et sans sa provision pour aléas n'est pas un budget, c'est un ordre de grandeur à prendre avec la plus grande prudence. La valeur ajoutée de l'économiste de la construction est précisément de transformer ce ratio générique en enveloppe fiable, documentée et défendable face au MOA, aux financeurs et aux entreprises.

Base de référence des valeurs

Ces fourchettes sont des ordres de grandeur de cadrage. Sauf lorsque la page nomme une autre zone, leur marché de référence est la province hors grandes métropoles (coefficient 1,00 à 1,05 du tableau des coefficients géographiques). Elles servent à situer un budget en phase amont et à comparer des typologies entre elles. Elles ne remplacent ni une consultation d'entreprises, ni un estimatif établi sur plans, et ne constituent pas un relevé de prix effectivement pratiqués.

Les fourchettes de cette page sont exprimées en valeurs janvier 2026. Elles ont été actualisées à partir de valeurs janvier 2025 par l'index BT01 tous corps d'état publié mensuellement par l'INSEE, base 2010 : 132,0 en janvier 2025, 134,7 en janvier 2026, soit une progression d'environ 2 %.

Pour réactualiser ces valeurs, appliquez la formule usuelle de révision : valeur actualisée = valeur de la page × (BT01 du mois visé / 134,7). Le BT01 a continué de progresser depuis : il valait 138,3 en juin 2026, dernière valeur publiée à la date de vérification de cette page, soit un écart de 2,7 % avec la base de référence.

Le BT01 mesure le coût des intrants des entreprises, salaires et charges, matériaux, matériel et énergie, et non les prix effectivement remis en consultation. Les deux séries divergent dès que les marges évoluent : sur 2024, le BT01 a progressé de 0,9 % quand le coût de construction observé par l'enquête EPTB du SDES montait de 2,1 %. Ces fourchettes restent des ordres de grandeur, à confronter à une estimation propre au projet.

Sources : index BT publiés mensuellement par l'INSEE, base 2010, pour l'actualisation des valeurs · statistiques de coût de la construction du SDES, service statistique du ministère chargé de la construction · textes réglementaires publiés au Journal officiel et consolidés sur Légifrance pour les exigences citées.

Questions fréquentes

Un ratio de construction au m² n'est pas une propriété universelle du bâtiment, c'est la traduction économique d'un ensemble de contraintes techniques, réglementaires et programmatiques qui diffèrent radicalement d'un usage à l'autre. Un logement collectif standard est optimisé pour la répétabilité : les niveaux se reproduisent, les appartements se ressemblent, les lots techniques sont standardisés. Un hôtel 4 étoiles, au même coût apparent par m², concentre sur 30 % de sa surface (la cuisine, le SPA, la réception) la moitié de son budget.

Le tableau suivant présente les fourchettes de coût de construction HT (hors foncier, hors honoraires, hors VRD extérieurs) pour les principales typologies de projets en France, en valeurs de janvier 2026, province hors grandes métropoles. Les coefficients géographiques à appliquer sont détaillés dans la section suivante. Usage Fourchette basse Fourchette haute Surface de référence Provision aléas Complexité Maison individuelle 1 430 €/m² 2 550 €/m² SHAB 5-8 % Faible Logement collectif 1 630 €/m² 3 270 €/m² SDP ou SHAB 5-8 % Modérée Logement social PLUS 1 630 €/m² 2 140 €/m² SDP 5-8 % Modérée Résidence services / EHPAD 2 240 €/m² 3 880 €/m² SU ou lit 8-12 % Élevée Bureaux (livré blanc) 1 630 €/m² 2 860 €/m² SUB 5-8 % Modérée Bureaux (aménagés) 2 240 €/m² 4 590 €/m² SUB 5-10 % Modérée à élevée ERP / Restaurant 2 040 €/m² 4 080 €/m² Surface totale 10-15 % Élevée Hôtel (par chambre) 82 000 €/ch.

Les ratios du tableau de synthèse sont exprimés en valeurs province hors grandes métropoles. Pour les appliquer à un projet localisé, il faut les multiplier par un coefficient géographique qui reflète les écarts de marché entre zones : différentiels de main d'œuvre, tension du carnet de commandes des entreprises locales, coûts logistiques, densité urbaine. Zone géographique Coefficient Exemple de villes Commentaire Île-de-France (Paris intra-muros) 1,20 - 1,35 Paris Marché le plus tendu, main d'œuvre, logistique, mitoyenneté Île-de-France (grande couronne) 1,10 - 1,20 Versailles, Évry Tension modérée mais accès chantier difficile Grandes métropoles régionales 1,05 - 1,15 Lyon, Bordeaux, Nantes, Toulouse, Marseille Marchés actifs, carnets bien remplis Métropoles intermédiaires 1,00 - 1,05 Rennes, Strasbourg, Grenoble, Montpellier Base de référence Villes moyennes et zones rurales 0,90 - 1,00 Limoges, Troyes, Alençon Main d'œuvre moins chère, offre plus large Dom-Tom (Réunion, Antilles…) 1,30 - 1,60 Fort-de-France, Saint-Denis Coûts de transport matériaux + insularité Corse 1,15 - 1,30 Ajaccio, Bastia Insularité + marché local restreint Ces coefficients sont des ordres de grandeur Ils reflètent des tendances de marché constatées sur des opérations récentes, pas des facteurs contractuels.

La géographie n'est pas le seul facteur à appliquer à un ratio de base. Le tableau suivant recense les principaux paramètres qui font varier le coût final d'un programme par rapport au ratio de référence, avec leur ordre de grandeur d'impact. Facteur Impact sur le coût Sens Exemple concret Géographie ± 10 à 35 % Haussse Paris +25 % vs province moyenne Niveau de prestation ± 20 à 80 % Hausse Logement social vs haut de gamme Nombre de niveaux (R+n) ± 5 à 15 % Hausse Chaque niveau supplémentaire +3-5 % en structure Présence d'un sous-sol + 10 à 20 % Hausse Parking souterrain +15 % du coût total Forme du bâtiment (compacité) ± 5 à 15 % Hausse Plan en L ou U vs rectangle compact Conditions de site ± 5 à 30 % Hausse Fondations spéciales, mitoyenneté, accès difficile Inflation matériaux (période) ± 5 à 25 % Hausse 2022 : +15 % matériaux de construction en 12 mois Certification environnementale + 5 à 15 % Hausse HQE / BREEAM / WELL sur tertiaire Réhabilitation vs neuf Ratios différents Variable Imprévisibilité structurelle + aléas Construction bois / biosourcée + 5 à 15 % Hausse Surcoût initial compensé en exploitation (RE2020) La combinaison de ces facteurs peut conduire à des écarts très importants par rapport au ratio brut.

Voici la méthode de l'économiste pour passer des ratios de référence à une estimation du coût des travaux, sur laquelle le maître d'ouvrage fixe son budget travaux. L'exemple porte sur un immeuble de logements collectifs standard à Bordeaux. Étape de calcul Valeur Commentaire Ratio de base (logement collectif standard, province) 1 840 €/m² SDP Exemple fictif, établi avec les ratios de cette page.

Pour éviter tout malentendu, les ratios présentés dans ce guide ne comprennent pas les postes suivants, qui s'ajoutent au coût de construction pour obtenir le coût complet d'une opération. Honoraires de maîtrise d'œuvre : architecte, BET structure, BET fluides, économiste, OPC, généralement de 10 à 15 % de l'enveloppe travaux pour les petites opérations, de 7 à 10 % pour les plus importantes (repères de la MIQCP, juin 2008, qui ne doivent pas devenir des modes de calcul) selon la complexité du projet. Foncier et frais d'acquisition : très variable selon la localisation, peut représenter de 5 à 50 % du coût total d'une opération selon le marché immobilier local.

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