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Comparer un métré wallon et un métré flamand

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Ce que vous trouverez dans cet article Une méthode en cinq étapes pour rapprocher deux métrés établis sous des référentiels différents, les points où le rapprochement échoue, et ce qu'il faut renoncer à comparer.

Un économiste travaillant des deux côtés de la frontière linguistique rencontre régulièrement la situation : deux métrés, un même type d'ouvrage, deux structures incomparables. Les deux documents ne reposent pas sur la même logique de référentiel.

Le rapprochement est possible, mais il ne se fait pas ligne à ligne. Il se fait par regroupement, et il suppose d'accepter que certaines correspondances restent approximatives.

Ce qui diffère avant même les quantités

Quatre différences structurelles précèdent toute question de chiffres. Elles tiennent au référentiel, au découpage, aux unités et au texte.

Point Sous CCTB Sous référentiel flamand
Nature du document cahier de renvoi reprise intégrale
Localisation du texte technique dans le référentiel dans le cahier spécial
Version applicable celle citée au marché celle reprise à la rédaction
Vérification prioritaire quelle version le texte est-il à jour

La conséquence est qu'un poste flamand est souvent accompagné de son texte complet, alors qu'un poste wallon renvoie à un index. Comparer un intitulé wallon à un texte flamand sans aller lire l'article correspondant du référentiel conduit à des erreurs d'appréciation du contenu.

La méthode en cinq étapes

1. Identifier les deux référentiels et leurs versions. C'est le préalable. Sous CCTB, la version est datée. Sous référentiel flamand, elle n'est pas toujours indiquée et doit parfois être déduite du contenu.

2. Constituer des groupes de comparaison, pas des correspondances de postes. Regrouper par ouvrage élémentaire, par exemple l'ensemble des travaux de toiture, plutôt que de chercher un vis-à-vis à chaque ligne. Les découpages ne coïncident pas.

3. Vérifier les inclusions dans le texte, pas dans l'intitulé. Un poste de maçonnerie peut inclure ou exclure les linteaux, les seuils, les protections. Ces inclusions figurent dans le descriptif de l'article, et elles diffèrent entre référentiels.

4. Vérifier les unités et les règles de mesurage. Deux métrés peuvent exprimer une même prestation en unités différentes, ou appliquer des règles de déduction distinctes pour les ouvertures. Ce point est traité dans l'article sur poste quantité et unité.

5. Isoler ce qui reste non comparable. Certains postes n'ont pas d'équivalent. Les traiter séparément vaut mieux que de forcer une correspondance qui fausserait l'ensemble.

Où le rapprochement échoue

Trois zones résistent, et il vaut mieux le savoir avant de commencer. Elles concernent les postes composites, les forfaits et les conventions de mesurage.

Les postes de généralités et d'installations de chantier. Leur découpage relève largement de la pratique de chaque référentiel et de chaque auteur. Un rapprochement ligne à ligne y est illusoire.

Les prestations forfaitaires. Un forfait recouvre un périmètre défini par le texte qui l'accompagne. Deux forfaits de même intitulé peuvent couvrir des périmètres très différents, et l'écart ne se voit pas dans le métré.

Les postes pour mémoire et les prix globaux. Leur traitement conventionnel diffère, et un poste sans montant dans un métré n'a pas la même signification qu'un poste absent.

Ce qu'il faut renoncer à comparer

Une mise en garde utile, car la tentation est forte. Une correspondance automatique entre index n'existe pas.

Le nombre de postes n'est pas un indicateur. Un métré comportant deux fois plus de lignes n'est pas plus précis, il est structuré autrement.

Le ratio par poste n'est pas transposable. Si les périmètres diffèrent, le prix unitaire d'un poste wallon et celui d'un poste flamand de même intitulé ne mesurent pas la même chose.

Seul le total par ouvrage élémentaire se compare utilement, à condition que les deux groupes couvrent bien le même périmètre physique.

Documenter le rapprochement

Une pratique qui paie, notamment lorsque le travail doit être justifié ou repris plus tard. Elle consiste à documenter les choix de rapprochement.

Conserver un tableau de correspondance mentionnant, pour chaque groupe, les postes retenus de part et d'autre, les inclusions vérifiées, les écarts d'unité corrigés et les postes laissés hors comparaison. Ce tableau se relit des mois plus tard sans reconstitution.

Ce tableau est aussi une protection. En cas de contestation, il montre ce qui a été comparé et sur quelle base, ce qu'un simple écart chiffré ne montre jamais.

Ce que cela implique pour une estimation

Trois règles.

Prévoir le temps. Un rapprochement sérieux entre deux référentiels n'est pas une opération de quelques minutes, et le sous-estimer conduit à bâcler l'étape des inclusions.

Ne jamais conclure sur un écart avant d'avoir vérifié les périmètres. L'essentiel des écarts apparents vient de là.

Signaler explicitement les zones non comparables dans le rendu, plutôt que de les noyer dans un total.

Cet article présente des usages professionnels à la date de vérification et sert d'orientation. Il ne remplace ni un conseil juridique ni l'examen du cas particulier.

Questions fréquentes

Oui, mais poste par poste et non par correspondance d'index. Quatre différences structurelles précèdent toute question de chiffres.

Les postes composites, les forfaits et les conventions de mesurage. Ce sont les trois endroits où le rapprochement demande un arbitrage.

Aucune, et c'est le premier piège. Une correspondance automatique entre index des deux référentiels n'existe pas.

Avec un tableau mentionnant, pour chaque groupe, les postes retenus de part et d'autre et les arbitrages faits. Il se relit des mois plus tard.

Métré et cahier des charges en Belgique