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Vérifier un métré reçu d'un tiers

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Ce que vous trouverez dans cet article Une méthode de contrôle en huit points, l'ordre dans lequel les appliquer, ce qu'il faut signaler et à qui, et le temps que cela demande réellement.

Recevoir un métré et le chiffrer directement est une erreur courante. Une heure de vérification préalable évite des semaines de discussion ultérieure.

Cette méthode s'applique aussi bien à un soumissionnaire qu'à un maître d'ouvrage qui reçoit un métré de son auteur de projet. Les deux cherchent la même chose, à savoir les écarts et les manques.

Les huit points de contrôle

1. Le référentiel et sa version. Quel référentiel, quelle version, quelle date. Sans cette information, aucun autre contrôle n'a de base. Ce point est traité dans l'article sur la mise à jour annuelle.

2. La présence des descriptifs. Le métré circule-t-il seul ou avec le cahier des charges. Un métré sans descriptifs ne permet pas de déterminer le périmètre des postes.

3. Le régime de chaque poste. Quantité présumée, quantité forfaitaire, prix global ou poste pour mémoire. Le régime détermine qui porte le risque de quantité.

4. La cohérence des unités. Chaque unité correspond-elle à la nature de la prestation décrite, et quelle règle de mesurage lui est attachée.

5. Les ordres de grandeur. Rapporter les quantités principales à la surface ou au volume du projet. Un ratio aberrant révèle une erreur de saisie ou de conversion en quelques minutes.

6. Les postes orphelins et les prescriptions non chiffrées. Le contrôle croisé des index, décrit dans l'article sur la concordance.

7. Les zones de recouvrement. Jonctions entre lots, où se logent les doublons et les oublis. Elles se lisent, elles ne se calculent pas.

8. Les variantes, options et tranches. Sont-elles séparées avec des totaux propres, ou mélangées au total de base.

L'ordre compte

Les huit points ne se valent pas, et l'ordre proposé n'est pas arbitraire. Il va du contrôle le plus rapide au plus coûteux.

Les deux premiers sont bloquants. Sans référentiel identifié ni descriptifs, les six suivants portent sur du vide.

Les points trois à cinq sont rapides et rentables. Ils détectent l'essentiel des anomalies grossières pour un temps limité.

Les points six à huit demandent du temps. Ils sont indispensables sur un marché important et peuvent être allégés sur un petit chantier.

Une vérification interrompue après le point cinq vaut mieux qu'aucune vérification. L'erreur serait d'attendre d'avoir le temps de tout faire.

Contrôle Ce qu'il détecte Effort
Cohérence des index Postes sans prescription et inversement Quelques minutes
Contrôle arithmétique Erreurs de calcul et de report Quelques minutes
Unités et conventions Surfaces développées ou projetées, mètres courants Une heure
Comparaison aux ratios Quantités manifestement basses ou hautes Une heure
Recherche des postes absents Omissions non détectables autrement Plusieurs heures

Ce qu'il faut signaler et à qui

Trois situations, trois destinataires.

Une erreur ou une lacune dans les documents d'un marché public se signale au pouvoir adjudicateur, dans le délai prévu par les documents du marché, par écrit et avec conservation de la preuve d'envoi. Les enjeux sont traités dans l'article sur qui porte le risque d'une erreur de quantité.

Une ambiguïté sur le périmètre d'un poste se lève par une question, posée par le canal prévu. En marché public, les réponses sont généralement publiées à tous, ce qui préserve l'égalité de traitement.

Une anomalie constatée par un maître d'ouvrage dans le métré de son auteur de projet se traite dans la relation contractuelle qui les lie, et mérite d'être formulée par écrit.

Le temps que cela demande réellement

Un ordre de grandeur pour situer l'effort. Le contrôle complet se mesure en heures et non en journées.

Sur un métré de bâtiment courant, les points un à cinq demandent moins d'une heure à un praticien expérimenté. Les points six à huit demandent davantage, selon la taille du document.

Ce temps se compare à ce qu'il évite : une discussion sur le périmètre d'un poste en cours de chantier mobilise plusieurs intervenants pendant des jours, et se solde souvent par un compromis coûteux.

Ce qu'il ne faut pas faire

Trois réflexes à écarter.

Chiffrer d'abord et vérifier ensuite. Le chiffrage fige des hypothèses qu'il faudra reprendre.

Corriger silencieusement. Modifier une quantité dans son propre chiffrage sans le signaler crée un écart invisible entre l'offre et le métré du marché.

Supposer que les autres ont vérifié. Ni le pouvoir adjudicateur ni les autres soumissionnaires ne garantissent la détection des erreurs.

Ce que cela implique pour un professionnel

Trois règles.

Faire les cinq premiers points systématiquement, quelle que soit la taille du marché.

Conserver la trace de la vérification, ne serait-ce qu'une liste des points contrôlés et des anomalies relevées.

Signaler dans les délais, sans attendre d'avoir terminé l'ensemble du chiffrage.

Cet article présente des usages professionnels à la date de vérification et sert d'orientation. Il ne remplace ni un conseil juridique ni l'examen du cas particulier.

Questions fréquentes

En huit points, dans un ordre qui va du contrôle le plus rapide au plus coûteux. La méthode vaut pour un soumissionnaire comme pour un maître d'ouvrage.

Par la cohérence des index et le contrôle arithmétique, qui prennent quelques minutes et écartent déjà une partie des écarts.

Le contrôle complet se mesure en heures et non en journées, la recherche des postes absents étant la passe la plus longue.

Les erreurs et lacunes constatées, au pouvoir adjudicateur et dans les formes que le marché prévoit, avant l'échéance de remise des offres.

Métré et cahier des charges en Belgique