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La concordance prescriptions et métré

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Ce que vous trouverez dans cet article Pourquoi deux documents décrivant une même réalité divergent, les quatre formes de discordance, ce qu'en dit la documentation officielle, et les méthodes de prévention qui fonctionnent.

Un cahier des charges et un métré décrivent le même ouvrage sous deux angles. Rien ne garantit qu'ils restent d'accord.

C'est un problème structurel, pas un défaut d'attention, et il mérite d'être traité comme tel. Il tient à la séparation des outils de rédaction et de métré.

Les quatre formes de discordance

Forme Ce qui se passe Conséquence
Poste sans prescription le métré cite un ouvrage que le cahier ne décrit pas contenu indéterminé, chiffrage aléatoire
Prescription sans poste le cahier décrit un ouvrage absent du métré prestation non chiffrée, litige probable
Divergence de contenu les deux se contredisent sur la même prestation interprétation nécessaire
Divergence d'unité l'unité du métré ne correspond pas au descriptif quantité fausse ou incomparable

Les deux premières sont les plus fréquentes, et la deuxième est la plus coûteuse. Une prestation décrite mais non chiffrée sera exécutée et facturée, dans un rapport de force sans concurrence.

D'où elles viennent

Trois causes, et aucune ne relève de la négligence individuelle. Elles tiennent aux outils, aux versions et à la chaîne de production.

L'ordre de rédaction inversé. Lorsque le métré est repris d'un projet antérieur puis complété, il ne dérive pas de la sélection des prescriptions. Les deux documents ont alors des origines différentes, et leur cohérence n'est qu'espérée.

Les itérations du projet. Un projet évolue. Chaque modification touche potentiellement les deux documents, et une modification appliquée à l'un seulement crée une discordance qui survivra jusqu'à la consultation.

La séparation des supports. Le texte vit dans un traitement de texte, les quantités dans un tableur. Rien ne relie le poste à l'article qui le décrit, et rien ne signale qu'une ligne ajoutée n'a pas de prescription correspondante.

Ce qu'en dit la documentation officielle

Le point mérite d'être cité, car il vient de l'éditeur du référentiel lui-même. La recommandation figure dans la note accompagnant la publication.

La note accompagnant la publication du référentiel wallon recommande de rédiger les cahiers spéciaux dans un outil fondé sur une base de données liant les textes de prescription aux métrés, afin d'éviter les oublis et les discordances entre documents. La recommandation vise à éviter la double saisie.

Elle précise que l'usage d'un traitement de texte associé à un tableur n'est pas recommandé, parce qu'il impose des contrôles supplémentaires de concordance entre prescriptions et métrés. La double saisie est en effet la source première des incohérences.

C'est un constat de méthode, formulé par l'administration qui édite le référentiel. Il ne dit pas qu'un travail bureautique est impossible, il dit qu'il déplace la charge de cohérence vers un contrôle manuel.

Les méthodes de prévention

Quatre approches, praticables quel que soit l'outillage. Elles vont du contrôle manuel à l'outil intégré.

Dériver le métré de la sélection, jamais l'inverse. C'est la règle posée dans l'article sur l'usage du CCTB, et c'est la plus efficace.

Utiliser l'index comme clé. Chaque poste du métré porte l'index de l'élément correspondant. Un poste sans index est immédiatement repérable, et un index sans poste également.

Contrôler dans les deux sens. Vérifier que chaque poste a une prescription, puis que chaque prescription sélectionnée a un poste. La seconde vérification est celle que l'on oublie.

Refaire le contrôle après chaque itération, et non une seule fois avant émission. Les discordances naissent des modifications tardives.

Le contrôle croisé en pratique

Une méthode simple, applicable même sur tableur. Elle repose sur le contrôle croisé des index cités.

Extraire la liste des index cités au métré d'une part, la liste des éléments sélectionnés d'autre part, et comparer les deux listes. Les écarts dans un sens révèlent les postes orphelins, les écarts dans l'autre révèlent les prescriptions non chiffrées.

Cette opération prend peu de temps et détecte l'essentiel des discordances structurelles. Elle ne détecte pas les divergences de contenu, qui exigent une lecture.

Les articles de cette branche

L'article sur les erreurs de métré traite des conséquences et de qui les supporte. Les erreurs les plus fréquentes y sont recensées.

L'article sur la mise à jour annuelle traite du changement de version en cours de projet. Ses conséquences documentaires y sont expliquées.

L'article sur le métré le BIM et la codification traite du rattachement des quantités issues d'une maquette. L'articulation entre modèle et métré y est traitée.

L'article sur la vérification d'un métré reçu donne une méthode de contrôle en huit points. La méthode de contrôle y est décrite pas à pas.

Cet article présente des principes d'usage professionnel à la date de vérification et sert d'orientation. Il ne remplace ni un conseil juridique ni la consultation du référentiel applicable.

Questions fréquentes

Parce que les deux documents sont produits dans des outils différents, ce qui impose une double saisie. C'est un problème structurel et non un défaut d'attention.

De rédiger les cahiers spéciaux dans un outil intégré. La note accompagnant la publication précise que le traitement de texte associé à un tableur n'est pas recommandé.

Par le contrôle croisé des index : comparer la liste des index cités au métré et celle des éléments décrits dans les prescriptions.

Quelques minutes sur un projet ordinaire, à comparer aux semaines de discussion qu'une incohérence non détectée peut produire en cours de chantier.

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