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Les erreurs de métré et leurs conséquences

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Ce que vous trouverez dans cet article Les cinq types d'erreurs, leurs conséquences selon le régime du poste, qui les supporte, et comment les détecter avant qu'elles ne coûtent.

Toutes les erreurs de métré ne se valent pas. Certaines se corrigent au décompte, d'autres se paient au prix fort.

Ce qui les distingue n'est pas leur gravité apparente mais le régime du poste concerné. Une même erreur se corrige ou se paie selon ce régime.

Les cinq types d'erreurs

Type Description
L'oubli de poste une prestation nécessaire ne figure pas au métré
La quantité fausse le poste existe, sa quantité est erronée
L'unité inadaptée l'unité ne correspond pas à la nature de la prestation
Le poste sans prescription le métré cite un ouvrage que le cahier ne décrit pas
Le doublon une même prestation apparaît à deux endroits

L'oubli de poste est le plus coûteux, le doublon le plus insidieux. Le premier se révèle en cours de chantier, le second gonfle le prix des offres sans que personne le remarque.

Les conséquences selon le régime

C'est ici que la distinction entre quantité présumée et quantité forfaitaire prend toute sa portée. Elle détermine qui supporte l'écart constaté.

Sous quantité présumée, une quantité fausse se corrige naturellement : le paiement se fait sur les quantités réellement exécutées, au prix unitaire convenu. L'erreur a un effet sur la prévision budgétaire, pas sur le droit des parties.

Sous quantité forfaitaire, la même erreur ne se corrige pas. La quantité étant arrêtée, l'écart reste à charge de celui que le contrat désigne.

L'oubli de poste échappe aux deux régimes. Une prestation absente du métré n'a ni quantité ni prix. Elle sera exécutée comme travail supplémentaire, négociée sans concurrence.

Ces régimes sont détaillés dans l'article sur les quantités présumées et forfaitaires. Le partage du risque y est expliqué mode par mode.

Qui supporte quoi

Trois acteurs, trois expositions différentes. L'auteur du métré, l'entreprise et le maître d'ouvrage ne risquent pas la même chose.

Le maître d'ouvrage supporte le coût économique de la plupart des erreurs : supplément sur quantité présumée, travail supplémentaire sur poste oublié, prix gonflé par un doublon.

L'auteur de projet supporte le risque de mise en cause. Un métré manifestement incomplet peut engager sa responsabilité professionnelle, et c'est là que le métré détaillé prend son rôle protecteur, traité dans l'article sur le métré récapitulatif et le métré détaillé.

Le soumissionnaire supporte une obligation de vigilance. La réglementation belge des marchés publics lui impose de signaler les erreurs qu'il découvre, dans des conditions traitées dans l'article sur qui porte le risque d'une erreur de quantité.

Cette obligation de signalement est la particularité belge la plus structurante du sujet. Elle empêche une entreprise de spéculer silencieusement sur une erreur repérée.

Le doublon, une erreur qui ne se voit pas

Il mérite un traitement à part parce qu'il échappe aux contrôles usuels. Il s'agit du poste absent, que le contrôle arithmétique ne détecte pas.

Une même prestation chiffrée à deux endroits produit un total supérieur au coût réel. Aucun poste n'est faux pris isolément, et le contrôle de concordance entre prescriptions et métré ne le détecte pas si les deux postes renvoient à des prescriptions distinctes.

Il se détecte par lecture, en cherchant les recouvrements entre lots. Les zones à risque sont connues : jonctions entre gros œuvre et parachèvement, entre techniques et finitions, entre bâtiment et abords.

Comment détecter avant émission

Quatre contrôles, du plus rapide au plus coûteux. Ils se pratiquent dans cet ordre et s'arrêtent dès qu'un écart apparaît.

Le contrôle croisé des index, qui détecte les postes orphelins et les prescriptions non chiffrées.

Le contrôle des unités, poste par poste, en vérifiant la cohérence avec le descriptif.

Le contrôle des ordres de grandeur, en rapportant les quantités principales à la surface ou au volume du projet. Une anomalie de rapport signale une erreur de saisie ou de conversion.

La lecture des zones de recouvrement, seule méthode efficace contre les doublons.

Ce que cela implique pour un professionnel

Quatre règles.

Ne jamais traiter un métré comme un document figé. Il évolue avec le projet et doit être recontrôlé à chaque itération.

Vérifier les ordres de grandeur avant les détails. Une erreur de facteur dix se voit en une minute et coûte des mois.

Documenter les hypothèses des postes incertains, afin qu'un écart ultérieur soit explicable.

Signaler une erreur repérée, y compris lorsqu'elle est favorable. En marché public, l'obligation existe et le silence expose.

Cet article présente l'état des règles et des usages professionnels à la date de vérification et sert d'orientation. Il ne remplace ni un conseil juridique ni l'examen du cas particulier.

Questions fréquentes

Le poste absent, parce qu'il échappe au contrôle arithmétique et n'apparaît qu'en cours de chantier, au moment le plus coûteux.

Cela dépend du régime du poste. Sous quantités présumées, l'écart se constate et se règle au décompte ; sous forfait, il pèse sur celui qui a forfaité.

En quatre passes, du plus rapide au plus coûteux : cohérence des index, contrôle arithmétique, unités et conventions, puis recherche des postes absents.

Oui. L'auteur du métré, l'entreprise et le maître d'ouvrage ne risquent pas la même chose, et leurs responsabilités s'apprécient sur des contrats différents.

Métré et cahier des charges en Belgique