Le déroulement de la phase ACT
Après réception des offres des entreprises, la mission ACT se déroule en plusieurs étapes successives. Cette phase demande méthode et rigueur : une offre anormalement basse non détectée, ou un poste oublié dans la négociation, peut coûter bien plus cher qu'un avenant en cours de chantier.
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L'analyse financière des offres : décrypter les prix
L'analyse d'une offre d'entreprise ne se limite pas à comparer un total TTC. Elle nécessite de comprendre la structure du prix pour détecter les zones de fragilité — et anticiper les problèmes de chantier qui en résulteront.
La structure du prix de vente d'une entreprise
Équation fondamentale du prix de vente HT d'une entreprise
PV HT = DS + FC + Fop + FG + B&A
DS — Déboursés Secs : coût direct des matériaux, de la main-d'œuvre (coût horaire × temps unitaire) et du matériel. C'est le coût de production brut, sans aucun frais indirect.
FC — Frais de Chantier : frais propres au chantier mais non directement productifs : chef de chantier, installation de chantier, amenées et replis de matériel, nettoyage.
Fop — Frais opérationnels : frais du niveau de l'agence régionale : chargé d'affaires, métreurs, logistique. Représentent généralement 6 à 10 % du DS+FC.
FG — Frais Généraux : frais du siège : direction générale, service financier, informatique, R&D. Représentent généralement 4 à 8 % selon la taille de l'entreprise.
B&A — Bénéfice et Aléas : marge commerciale et provision pour risques. C'est le 'coussin' de l'entreprise face aux imprévus de chantier.
Interpréter le B&A : l'indicateur clé de solidité de l'offre
Le B&A (Bénéfice et Aléas) est le révélateur de la santé financière d'une offre. Une offre avec un B&A trop faible est une offre fragile : au moindre aléa de chantier, l'entreprise sera en déficit et cherchera à le compenser par des réclamations et des demandes d'avenants.
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Comment détecter une offre anormalement basse sans avoir accès à la décomposition détaillée ?
La comparaison entre les offres est le premier outil. Si une offre est inférieure de plus de 20 à 25 % à la moyenne des autres offres sur un même lot, elle mérite une analyse approfondie.
La comparaison avec l'estimation PRO est le deuxième outil. Si l'offre est très inférieure à l'estimation (plus de 15 à 20 % d'écart), soit l'estimation est sur-évaluée (à vérifier poste par poste), soit l'offre présente des omissions.
La décomposition par postes est le troisième outil. En demandant à l'entreprise de décomposer son prix par poste de la DPGF, on peut identifier les postes sous-évalués — et discuter des modalités d'exécution avec l'entreprise avant la signature du marché.
Le tableau comparatif des offres
Le tableau comparatif est le document de synthèse que le maître d'œuvre présente au maître d'ouvrage pour l'aider à prendre sa décision d'attribution. Il ne se limite pas à aligner des totaux : il documente l'analyse et les recommandations.
Structure type d'un tableau comparatif
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Exemple indicatif — à adapter à chaque projet.
Le tableau comparatif doit être accompagné d'un rapport d'analyse écrit qui documente les observations techniques par lot et formule une recommandation d'attribution motivée. Ce document protège le maître d'ouvrage — et le maître d'œuvre — en cas de contestation ultérieure.
La négociation et la mise au point des marchés
En marché privé, la négociation avec les entreprises est libre. En marché public, elle est encadrée : la négociation n'est pas possible dans le cadre d'un appel d'offres standard (sauf procédure adaptée ou dialogue compétitif).
Objets courants de la mise au point
Clarification de périmètre : vérifier que l'entreprise a bien inclus toutes les prestations du CCTP dans son offre. Poser la question explicitement poste par poste sur les postes suspects.
Variantes techniques : si l'entreprise propose une variante (matériau différent, procédé alternatif), vérifier l'équivalence technique avec les spécifications du CCTP avant d'accepter.
Délais d'exécution : vérifier la cohérence du délai proposé avec le planning général du chantier. Un délai irréaliste est une source de pénalités futures — ou d'un chantier à l'arrêt.
Assurances et qualifications : vérifier que l'entreprise est bien assurée (décennale, RC pro) et qualifiée pour les travaux objets du marché.
Sous-traitants : identifier les prestations que l'entreprise compte sous-traiter. La sous-traitance doit être déclarée et les sous-traitants agréés par le maître d'ouvrage.
Principe clé : tout ce qui est négocié verbalement doit être formalisé par écrit avant signature
Un accord verbal obtenu en réunion de mise au point n'a aucune valeur juridique si le marché signé ne le mentionne pas. Toute modification de périmètre, toute clarification de prestation, toute variante acceptée doit être intégrée dans le marché — soit dans le CCTP, soit dans un avenant au devis, soit dans un mémoire technique signé par l'entreprise.
Le maître d'œuvre qui ne formalise pas les accords de mise au point s'expose à des réclamations en cours de chantier : l'entreprise peut légitimement soutenir que la prestation ne figurait pas dans son offre telle que signée.
ACT et impact sur le reste de la mission
La qualité de l'ACT conditionne toute la suite de la mission. Un tableau d'analyse rigoureux et des marchés bien mis au point permettent une phase DET sereine. Des marchés signés avec des ambiguïtés ou des omissions génèrent systématiquement des conflits en chantier.
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Ce que Quostra prend en charge en phase ACT
Analyser les offres, construire un tableau comparatif structuré, détecter les offres anormalement basses, documenter les recommandations d'attribution : c'est plusieurs jours de travail d'économiste qui requièrent à la fois une maîtrise technique des corps d'état et une connaissance des prix de marché actualisée.
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Sources : Léonard Hamburger, Maître d'œuvre Bâtiment, 3e éd., Eyrolles, 2016 · Yves Widloecher & David Cusant, Manuel de l'étude de prix, 4e éd., Eyrolles, 2018.