La différence entre variante et option
Elle est structurante et souvent confondue. La variante modifie la solution, l'option ajoute une prestation.
L'option est prévue par le dossier. Le maître d'ouvrage a demandé un prix pour une prestation alternative ou complémentaire, et toutes les entreprises la chiffrent.
La variante est proposée par l'entreprise. Elle substitue une solution différente à celle décrite, de sa propre initiative.
L'option préserve la comparabilité, puisque toutes les offres la portent.
La variante la rompt, puisqu'une seule entreprise la propose et qu'elle ne porte pas sur la même prestation.
Cette différence commande le traitement : l'option s'analyse, la variante se qualifie d'abord.
| Notion | Ce qu'elle modifie | Traitement en analyse |
|---|---|---|
| Variante | La solution technique proposée | Comparée à la solution de base |
| Option | Une prestation ajoutée ou retirée | Chiffrée séparément |
La condition de recevabilité d'une variante
Une exigence unique mais absolue.
Une variante n'est analysable que si elle est accompagnée du prix de la solution de base.
Sans cela, l'offre ne peut pas être comparée aux autres, et la variante devient un moyen d'échapper à la comparaison plutôt qu'une proposition d'amélioration.
Cette exigence doit figurer dans les documents de consultation, faute de quoi elle ne sera pas respectée.
En marché public, l'admissibilité des variantes est encadrée par la réglementation applicable, et leur recevabilité dépend de ce que le dossier a prévu.
En marché privé, tout dépend de ce que le maître d'ouvrage a écrit, conformément au principe exposé dans l'article sur marché public et marché privé.
Ce que les variantes apportent réellement
Trois apports possibles, et un risque.
Une économie, lorsque l'entreprise connaît une solution équivalente moins coûteuse.
Une amélioration technique, lorsqu'elle propose une solution plus durable ou plus performante.
Un gain de délai, lorsque la solution proposée s'exécute plus vite.
Le risque est le transfert de responsabilité. Une variante acceptée engage le maître d'ouvrage sur une solution qu'il n'a pas conçue, et dont la maîtrise d'œuvre n'a pas nécessairement vérifié toutes les implications.
Accepter une variante suppose donc de la faire valider techniquement, et non seulement de constater son prix.
Comment les traiter dans l'analyse
Quatre étapes.
Comparer d'abord les offres de base entre elles, en écartant provisoirement les variantes.
Qualifier ensuite chaque variante, techniquement et non seulement économiquement.
Chiffrer l'écart, en incluant les conséquences indirectes sur les autres lots.
Décider explicitement, en documentant la raison de l'acceptation ou du refus.
L'ordre importe : analyser les variantes avant les offres de base conduit à comparer des choses différentes et à choisir sur une impression.
Le cas des variantes imposées par les circonstances
Une situation particulière et fréquente.
Une entreprise peut signaler qu'une solution décrite est irréalisable ou inadaptée.
Cette information est précieuse et doit être traitée comme telle, même lorsqu'elle arrive sous forme de variante.
Elle révèle souvent un défaut de conception, et la traiter comme une simple proposition commerciale fait perdre l'information.
La bonne conduite est de vérifier techniquement l'objection, puis, si elle est fondée, de rectifier le dossier pour toutes les entreprises.
Ce que cela implique pour un professionnel
Quatre règles.
Prévoir dans le dossier le régime des variantes, admises ou non, et à quelles conditions.
Exiger le prix de la solution de base en accompagnement de toute variante.
Comparer les offres de base avant les variantes, sans exception.
Faire valider techniquement toute variante retenue, la responsabilité de conception ne se transférant pas par le prix.
Cet article présente une méthode d'orientation professionnelle. Il ne constitue pas un conseil juridique.