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L'entrepreneur et l'entreprise générale

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Ce que vous trouverez dans cet article Les deux montages possibles et ce qu'ils changent, à quoi sert l'agréation et pourquoi elle conditionne une garantie, ce que l'entreprise générale apporte et coûte, et pourquoi ce choix entraîne des effets en cascade.

Confier un chantier à une entreprise générale ou à plusieurs entreprises n'est pas une question d'organisation. C'est la décision qui détermine le régime juridique du projet entier.

Les deux montages

Entreprise générale Lots séparés
Nombre de contrats un autant que de lots
Coordination assumée par l'entreprise assumée par le maître d'ouvrage ou déléguée
Interlocuteur en cas de désordre un seul celui du lot concerné, à identifier
Protection de la loi Breyne applicable si les autres conditions sont réunies écartée

La dernière ligne est celle qui pèse le plus lourd, et elle est traitée dans l'article sur le critère de l'entrepreneur unique.

L'agréation des entrepreneurs

Un mécanisme mal connu des maîtres d'ouvrage privés, et pourtant déterminant. Il concerne l'agréation des entrepreneurs.

L'agréation est une reconnaissance administrative attestant qu'une entreprise dispose des capacités techniques et financières pour exécuter des travaux d'une certaine nature et d'une certaine ampleur. Elle est classée par catégorie et par classe.

Deux effets principaux.

En marché public, elle conditionne l'accès à certains marchés, selon la catégorie et la classe requises, sujet traité dans le guide sur le métré et le cahier des charges.

En marché privé soumis à la loi Breyne, elle détermine le régime de garantie. Un entrepreneur agréé fournit un cautionnement d'un montant limité ; un intervenant non agréé doit fournir une garantie portant sur la totalité.

Cette différenciation est précisément celle que la Cour de justice de l'Union européenne a jugée contraire au droit européen, ce qui est développé dans l'article sur les paiements les garanties et le cautionnement.

Pour un maître d'ouvrage privé, la vérification de l'agréation reste donc utile aujourd'hui, tout en sachant que le régime attaché est appelé à évoluer.

Ce que l'entreprise générale apporte

Trois avantages réels, au-delà de la simplicité apparente. Ils tiennent à l'interlocuteur unique, à la coordination et à la garantie.

Un interlocuteur unique. En cas de désordre, le maître d'ouvrage n'a pas à déterminer quel lot est en cause avant d'agir.

La coordination incluse. L'ordonnancement des interventions, les interfaces entre corps d'état et les arbitrages relèvent de l'entreprise.

La protection légale, le cas échéant. Lorsque les autres conditions sont réunies, le montage déclenche la loi Breyne.

Ces avantages ont un prix, qui correspond à la marge de coordination et à la prise en charge du risque d'interface. Il est traité sous l'angle du coût dans le guide sur les prix de construction au m².

Ce que les lots séparés apportent

Deux avantages symétriques, et une charge. Ils tiennent au prix, au choix des entreprises et à la coordination.

Le choix de chaque entreprise, avec la possibilité de sélectionner des spécialistes plutôt que de subir les sous-traitants d'un tiers.

La transparence des prix par lot, sans marge de coordination intercalée.

En contrepartie, la coordination revient au maître d'ouvrage s'il ne la délègue pas, avec les responsabilités correspondantes et sans la protection de la loi Breyne.

Le point à ne pas manquer : ce montage suppose une compétence de coordination que peu de maîtres d'ouvrage particuliers possèdent, et son absence se paie en retards et en litiges d'interface.

Les effets en cascade du choix

Cinq conséquences, souvent découvertes après coup. Elles concernent la coordination, les délais et la responsabilité.

Le régime légal, avec ou sans loi Breyne.

Le nombre de garanties à obtenir et à suivre, une par contrat.

La complexité des réceptions, traitée dans la branche sur les réceptions.

L'identification du responsable en cas de désordre d'interface, notablement plus difficile en lots séparés.

Le rôle de l'architecte, dont le contrôle de l'exécution porte sur davantage d'interlocuteurs.

Ce choix se fait donc au programme, pas à la consultation. Le revenir en cours de projet suppose de reprendre l'ensemble du montage contractuel.

Ce que cela implique pour un professionnel

Quatre règles.

Poser le choix de montage dès le programme, en exposant ses effets juridiques et non seulement organisationnels.

Vérifier l'agréation lorsqu'elle conditionne une garantie ou l'accès à un marché.

Ne pas présenter les lots séparés comme une simple économie, la coordination étant un travail réel qui échoit à quelqu'un.

Documenter le choix et son motif, celui-ci conditionnant l'ensemble du régime applicable.

Cet article présente l'état des règles à la date de vérification et sert d'orientation professionnelle. Il ne remplace ni un conseil juridique ni l'examen du cas particulier.

Questions fréquentes

C'est une reconnaissance administrative attestant qu'une entreprise dispose des capacités techniques et financières requises, classée par catégorie et par classe. Elle est mal connue des maîtres d'ouvrage privés et pourtant déterminante.

Un interlocuteur unique, une coordination assumée par l'entreprise et une garantie portée par un seul contractant. Ces avantages se paient par une marge de coordination intégrée au prix.

Un prix souvent inférieur et un choix des entreprises plus fin, au prix d'une coordination qui retombe sur le maître d'ouvrage. L'arbitrage se fait avant la consultation.

Cinq conséquences du montage retenu, portant sur la coordination, les délais et la responsabilité. Elles se traitent au contrat plutôt qu'en cours de chantier.

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