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Clauses contractuelles et clauses techniques

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Ce que vous trouverez dans cet article Ce que règle chaque registre, pourquoi les mélanger coûte cher, les zones frontières, et la méthode de classement.

Deux registres cohabitent dans un même document. Ils ne s'adressent pas aux mêmes lecteurs ni aux mêmes moments, et les confondre produit des exigences que personne n'applique.

Ce que règle chaque registre

Les clauses contractuelles règlent la relation entre les parties. Délais d'exécution, modalités de paiement, réception des travaux, garanties, pénalités, assurances, résiliation.

Les clauses techniques décrivent l'ouvrage et son exécution. Matériaux, mises en œuvre, tolérances dimensionnelles, essais, contrôles de conformité.

Une règle simple pour trancher : si la disposition resterait valable sur un autre chantier de même nature, elle est probablement contractuelle ; si elle décrit ce bâtiment-ci, elle est technique.

Registre Ce qu'il règle Qui l'applique
Clauses contractuelles Droits, obligations, délais, paiements Les parties au contrat
Clauses techniques Matériaux, mise en œuvre, tolérances Les équipes d'exécution

Pourquoi les mélanger coûte cher

Trois conséquences concrètes.

Une exigence contractuelle placée dans une clause technique n'est pas lue par la bonne personne. Le conducteur de travaux lit la technique, la direction lit le contractuel.

Une exigence technique placée dans une clause contractuelle n'est pas chiffrée. Elle n'apparaît pas au moment où l'entreprise établit son prix, et elle ressurgit en cours de chantier.

Les deux cas produisent le même résultat : une demande en cours d'exécution, une contestation sur son caractère supplémentaire, et une négociation en position défavorable.

Ce mécanisme est traité sous l'angle de ses conséquences dans l'article sur les travaux supplémentaires.

Les zones frontières

Quatre catégories qui hésitent entre les deux registres. Elles relèvent autant du contrat que de la technique.

Les conditions d'accès et d'installation de chantier, qui relèvent de l'organisation mais ont un coût technique direct.

Les échantillons et prototypes, qui sont une procédure contractuelle portant sur un objet technique.

Les documents à produire par l'entreprise, plans d'exécution, notes de calcul, dossier des ouvrages exécutés.

Les obligations de sécurité et de coordination, qui engagent la relation tout en conditionnant l'exécution.

Ces quatre catégories doivent être traitées explicitement, faute de quoi chacun suppose que l'autre les a prévues.

La règle du chiffrable

Un critère opérationnel, plus fiable que la doctrine. Il consiste à se demander qui doit appliquer la disposition.

Toute disposition ayant un coût doit apparaître là où l'entreprise établit son prix.

Si une exigence contractuelle a un coût, elle doit trouver une traduction dans le bordereau, ou au minimum être signalée dans les clauses techniques particulières.

Une installation de chantier exigée sans position correspondante au bordereau sera chiffrée au jugé, ou pas du tout.

Cette règle explique pourquoi certaines exigences apparaissent deux fois dans un cahier des charges bien construit, sous deux angles différents et sans contradiction.

La méthode de classement

Quatre questions, pour chaque disposition rédigée. Elles déterminent où la placer dans le cahier des charges.

Cette disposition règle-t-elle la relation ou décrit-elle l'ouvrage.

Serait-elle identique sur un autre chantier de même nature.

A-t-elle un coût, et si oui, où l'entreprise le chiffre-t-elle.

Qui la lira, et à quel moment du projet.

La quatrième question est la plus utile en pratique, car elle révèle immédiatement les dispositions mal placées.

Ce que cela implique pour un professionnel

Quatre règles.

Classer chaque disposition avant de la rédiger, plutôt que de la placer où elle vient à l'esprit.

Traduire au bordereau toute exigence ayant un coût, quel que soit le registre où elle figure.

Traiter explicitement les zones frontières, plutôt que de les laisser implicites.

Relire le document du point de vue de chaque lecteur, technique et contractuel, avant de l'envoyer.

Cet article présente une méthode d'orientation professionnelle. Il ne reproduit aucun contenu de document normatif et ne remplace pas leur consultation.

Questions fréquentes

Par un critère opérationnel, plus fiable que la doctrine, consistant à se demander qui doit appliquer la disposition. Les parties appliquent le contractuel, les équipes d'exécution le technique.

Parce qu'une obligation contractuelle noyée dans une clause technique est rarement appliquée. Le mélange coûte cher au moment du litige.

Quatre catégories, dont les délais partiels, les modalités de réception et les obligations de sécurité. Elles relèvent autant du contrat que de la technique.

En posant quatre questions pour chaque disposition rédigée. Elles déterminent où la placer dans le cahier des charges.

Le cahier des charges et la consultation au Luxembourg