Les quatre éléments
Toute position doit les porter, sans exception. Ces éléments identifient la prestation et son unité.
La désignation, qui décrit la prestation de manière univoque.
L'unité, qui indique selon quelle grandeur la prestation se mesure.
La quantité, établie par la maîtrise d'œuvre à partir du projet.
Le renvoi à la prescription applicable, qui rattache la position aux clauses techniques.
Le quatrième élément est le plus souvent omis, alors qu'il évite d'avoir à décrire la prestation entièrement dans le bordereau.
| Élément | Ce qu'il précise | Effet s'il manque |
|---|---|---|
| Désignation | La nature de la prestation | Interprétations divergentes |
| Unité | La grandeur mesurée | Offres incomparables |
| Quantité | L'étendue prévue | Décompte contesté |
| Périmètre | Ce qui est compris et non compris | Travaux supplémentaires en série |
La question du compris et du non compris
C'est le point qui décide de la comparabilité. La description doit être identique pour tous les soumissionnaires.
Une position doit dire ce qu'elle comprend et, lorsque c'est utile, ce qu'elle ne comprend pas.
Les prestations accessoires sont la source d'écarts la plus fréquente : préparation du support, protections, découpes, calfeutrements, évacuation des déchets, nettoyage.
Si le bordereau ne le dit pas, chaque entreprise décide, et les prix deviennent incomparables sans que rien ne le signale.
Deux méthodes coexistent : énoncer les accessoires position par position, ou les traiter globalement dans les clauses techniques particulières.
La seconde est plus économe et moins répétitive, mais elle suppose que le renvoi soit explicite dans chaque position concernée.
Les formulations à bannir
Quatre tournures qui transfèrent la décision à l'entreprise. Elles rendent les offres incomparables entre elles.
Selon les règles de l'art, employé seul, qui ne dit rien de vérifiable.
Y compris tous accessoires nécessaires, qui laisse à l'entreprise le soin de définir le nécessaire, donc son prix.
Ou équivalent, sans critère d'équivalence, qui rend impossible toute comparaison objective.
Pour mémoire, qui fait figurer une prestation sans la chiffrer, et donc sans qu'elle soit due.
Ces formulations ne sont pas fautives en soi, mais employées sans complément elles produisent des offres non comparables et des litiges d'interprétation.
L'articulation avec les clauses techniques
Trois règles de cohérence.
La position ne contredit jamais la prescription. En cas de divergence, c'est la hiérarchie des documents qui tranche, point traité dans l'article sur le général et le particulier.
La position ne répète pas la prescription. Elle y renvoie, ce qui évite les divergences de version.
Toute prestation prescrite doit trouver une position, faute de quoi elle est décrite mais non chiffrée.
Ce dernier point mérite une vérification systématique, traitée dans l'article sur la vérification d'un bordereau.
Le test de rédaction
Quatre questions, sur chaque position écrite. Elles vérifient que la prestation est définie sans ambiguïté.
Un tiers comprendrait-il exactement la même chose que moi.
Sait-il ce qui est compris et ce qui ne l'est pas.
Sait-il selon quelle règle la quantité a été établie.
Sait-il à quelle prescription se référer.
Si une seule réponse est négative, la position produira un écart de prix, et cet écart sera imputé au marché alors qu'il vient de la rédaction.
Ce que cela implique pour un professionnel
Quatre règles.
Porter les quatre éléments dans chaque position, sans exception.
Traiter les accessoires explicitement, position par position ou globalement, mais jamais implicitement.
Bannir les formulations ouvertes employées sans complément.
Vérifier que toute prescription a sa position, et réciproquement.
Cet article présente une méthode d'orientation professionnelle. Il ne reproduit aucun contenu de document normatif.