Ce qu'est le bordereau
Il s'agit du bordereau des masses et des prix, l'une des cinq parties du cahier des charges luxembourgeois.
Il énumère les positions, chacune décrivant une prestation, son unité et sa quantité.
Les entreprises y portent leurs prix unitaires, dont le produit par les quantités donne le montant de l'offre.
Il n'est pas le devis de l'entreprise. Le bordereau est établi par la maîtrise d'œuvre et remis à toutes les entreprises consultées ; le devis est la réponse de chacune.
Cette distinction est fondamentale : c'est parce que le bordereau est commun que les offres deviennent comparables, point développé dans l'article sur ce qui rend deux offres comparables.
| Document | Ce qu'il porte | Qui l'engage |
|---|---|---|
| Métré | Les quantités mesurées sur le projet | Son auteur, le plus souvent l'économiste |
| Bordereau des prix | Les prix unitaires proposés | L'entreprise soumissionnaire |
Les deux grandeurs qu'il porte
Elles n'engagent pas les mêmes personnes ni de la même manière. Le métré et le bordereau des prix ont des auteurs distincts.
Les masses, c'est-à-dire les quantités, établies par la maîtrise d'œuvre à partir du projet.
Les prix, unitaires, établis par chaque entreprise en réponse.
La maîtrise d'œuvre engage sa compétence sur les quantités, l'entreprise engage son prix sur chaque unité.
La répartition du risque en cas d'écart entre quantité prévue et quantité réelle dépend du type de marché, traité dans l'article sur quantitatif et forfaitaire.
Ce que le métré engage
Trois conséquences, souvent sous-estimées. Elles portent sur la responsabilité des quantités.
Une quantité erronée fausse la comparaison, puisque toutes les entreprises l'appliquent également mais que le montant total s'en trouve décalé.
Une quantité manquante n'est pas chiffrée. Elle réapparaît en cours de chantier comme travail supplémentaire, dans les conditions traitées dans l'article sur les travaux supplémentaires.
Une unité mal choisie rend la position incomparable, chaque entreprise l'interprétant à sa manière.
Le troisième cas est le plus pernicieux, car il produit des écarts de prix qui semblent commerciaux alors qu'ils sont sémantiques.
Les quatre défauts qui rendent une consultation inexploitable
Ils reviennent constamment.
La position imprécise, qui ne dit pas ce qu'elle comprend, traitée dans l'article sur ce qu'une position doit contenir.
L'unité ambiguë, notamment lorsque le mode de mesurage n'est pas précisé, traité dans l'article sur les unités et les règles de mesurage.
Le poste fourre-tout, qui regroupe des prestations hétérogènes sous une seule ligne et empêche toute analyse.
La contradiction avec les clauses techniques, lorsque le bordereau décrit autre chose que le descriptif.
Ces quatre défauts ont un point commun : ils transfèrent à l'entreprise une décision qui appartenait au prescripteur, et cette décision se retrouve dans le prix sans être visible.
Ce que le bordereau ne remplace pas
Deux précisions utiles.
Il ne remplace pas les clauses techniques. Une position renvoie à une prescription, elle ne la contient pas.
Il ne remplace pas les plans. La géométrie se lit sur les plans, le bordereau la quantifie.
Un bordereau autoportant serait illisible, et un bordereau muet serait ininterprétable. L'équilibre entre les deux est un savoir-faire.
Les articles de cette branche
L'article sur ce qu'une position doit contenir traite de la rédaction. Les éléments obligatoires y sont listés.
L'article sur les unités et les règles de mesurage traite du comptage. Les familles d'unités y sont comparées.
L'article sur quantitatif et forfaitaire traite du risque de quantité. Les deux formes y sont opposées.
L'article sur la vérification d'un bordereau propose une méthode. La méthode y est donnée pas à pas.
Cet article présente une méthode d'orientation professionnelle. Il ne reproduit aucun contenu de document normatif.