Les six contrôles
Ils portent sur des défauts différents et aucun ne remplace les autres. Les contrôles se cumulent au lieu de se substituer.
Le contrôle de couverture. Toute prestation décrite dans les clauses techniques trouve-t-elle une position.
Le contrôle inverse. Toute position renvoie-t-elle à une prescription identifiable.
Le contrôle d'unité. Chaque position porte-t-elle une unité adaptée à ce qui détermine son coût.
Le contrôle de règle. La règle de mesurage est-elle énoncée ou visée, notamment pour les positions en surface.
Le contrôle de cohérence géométrique. Les quantités sont-elles compatibles entre elles et avec les plans.
Le contrôle de lisibilité. Un tiers comprendrait-il chaque position sans explication complémentaire.
| Contrôle | Ce qu'il détecte | Ordre |
|---|---|---|
| Cohérence géométrique | Les quantités incompatibles avec les plans | Premier |
| Complétude des positions | Les prestations manquantes | Deuxième |
| Unités et règles de mesurage | Les unités inadaptées | Troisième |
| Périmètre des positions | Les zones non attribuées | Quatrième |
| Cohérence des clauses | Les contradictions entre pièces | Cinquième |
| Relecture d'ensemble | Les ambiguïtés résiduelles | Dernier |
L'ordre dans lequel les mener
Il n'est pas indifférent.
Commencer par la couverture, car une prestation manquante invalide tout ce qui suit.
Poursuivre par le contrôle inverse, qui révèle les positions orphelines, souvent héritées d'un projet antérieur.
Traiter ensuite unité et règle, qui conditionnent la comparabilité.
Terminer par la cohérence géométrique et la lisibilité, qui sont des contrôles de qualité plutôt que de complétude.
Inverser cet ordre fait perdre du temps, car on vérifie la cohérence de positions qui vont disparaître.
Le contrôle de cohérence géométrique
C'est celui qui détecte les erreurs les plus coûteuses. Il porte sur la cohérence entre positions et quantités.
Certaines quantités sont liées entre elles par la géométrie du projet. Une surface de sol, une surface de plafond et un périmètre de plinthes entretiennent des rapports vérifiables.
Un écart entre grandeurs liées signale une erreur, soit de métré, soit de lecture du projet.
Ce contrôle ne suppose pas de recalculer le métré, mais de vérifier que les ordres de grandeur se tiennent entre eux.
Il détecte notamment les erreurs de saisie, qui sont fréquentes et invisibles à la relecture ligne à ligne.
Ce qu'un contrôle ne détecte pas
Trois limites à connaître.
Une erreur de conception. Si le projet lui-même est incohérent, le bordereau le reflétera fidèlement.
Une prescription inadaptée. Un ouvrage correctement quantifié peut être techniquement inapproprié.
Une hypothèse de prix. Le bordereau ne porte pas de prix ; sa vérification ne dit rien du montant à attendre.
Ces trois limites justifient de distinguer le contrôle du bordereau de l'estimation, traitée sous l'angle du budget dans le guide sur les prix de construction.
Le rendu à produire
Trois documents, plus utiles qu'une simple relecture. Ils tracent la vérification et servent en cas de litige.
La liste des corrections apportées, datée, qui documente le travail.
La liste des points laissés en suspens, avec la décision attendue du maître d'ouvrage.
La note d'hypothèses, énonçant les partis pris de métré retenus lorsque le projet ne tranche pas.
Le troisième document est le plus précieux en cas de litige ultérieur, car il montre ce qui était connu et ce qui ne l'était pas au moment de la consultation.
Ce que cela implique pour un professionnel
Quatre règles.
Vérifier avant l'envoi, une correction ultérieure obligeant à relancer toutes les entreprises.
Mener les six contrôles dans l'ordre, la couverture d'abord.
Documenter les hypothèses de métré, plutôt que de les garder en tête.
Distinguer les corrections des questions, les premières relevant du vérificateur, les secondes du maître d'ouvrage.
Cet article présente une méthode d'orientation professionnelle. Il ne reproduit aucun contenu de document normatif.