Les familles d'unités
Quatre familles, avec des implications distinctes. Elles couvrent la longueur, la surface, le volume et l'unité.
L'unité de comptage, qui dénombre des éléments identifiables. Elle est la plus sûre, car elle laisse peu de place à l'interprétation.
L'unité de longueur, employée pour les ouvrages linéaires.
L'unité de surface, la plus répandue et la plus sujette à divergence, en raison des déductions.
L'unité de volume, employée pour les ouvrages de masse.
Le forfait constitue un cas à part, traité dans l'article sur quantitatif et forfaitaire, puisqu'il ne mesure rien mais valorise un ensemble.
| Famille d'unité | Exemple d'emploi | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Longueur | Réseaux, plinthes, bordures | Mode de mesurage des angles |
| Surface | Revêtements, enduits, toitures | Règles de déduction des ouvertures |
| Volume | Terrassements, bétons | Foisonnement et compactage |
| Unité | Équipements, appareils | Définition de l'ensemble compté |
La question des déductions
C'est là que se creusent les écarts.
Deux métreurs mesurant la même paroi peuvent obtenir des surfaces différentes, non par erreur mais parce qu'ils ne déduisent pas les mêmes vides.
Les cas concernés sont toujours les mêmes : ouvertures, réservations, retours, recoupements et croisements d'ouvrages.
Une règle doit trancher, et elle doit être la même pour toutes les entreprises consultées.
Cette règle peut venir des clauses techniques applicables, ou être énoncée dans les clauses particulières lorsque le document de référence ne la prévoit pas.
Ce qui est inacceptable, c'est qu'elle soit implicite, car chaque entreprise appliquera alors la sienne.
Pourquoi la règle prime sur l'unité
Le point central de cet article.
L'unité indique la grandeur, la règle indique la méthode.
Deux bordereaux exprimés dans la même unité peuvent porter des quantités différentes pour le même ouvrage, si les règles de mesurage diffèrent.
Un prix unitaire n'a donc de sens que rapporté à une règle, exactement comme un prix au mètre carré n'a de sens que rapporté à une surface de référence, principe rappelé dans le guide sur les prix de construction.
Conséquence pratique : indiquer la règle applicable dans le bordereau ou y renvoyer explicitement.
Les cas qui se traitent mal
Quatre situations où l'unité choisie trahit souvent la prestation. Elles produisent des écarts au décompte.
Les ouvrages de faible dimension, où le temps d'installation domine le coût du matériau, et où une unité de surface fausse le prix.
Les ouvrages en hauteur ou en zone contrainte, où la même quantité ne représente pas le même travail.
Les reprises et raccords sur existant, dont la quantité est incertaine par nature.
Les prestations discontinues, réparties sur le chantier, où le déplacement pèse plus que l'exécution.
Dans ces quatre cas, une position au métré produit des prix erratiques. Une position au comptage, un forfait, ou une position assortie d'une sujétion explicite donnent des résultats plus fiables.
Ce qu'il faut écrire
Trois éléments, systématiquement.
L'unité retenue.
La règle de mesurage applicable, par renvoi ou par énoncé.
Le traitement des sujétions particulières, lorsque la prestation en comporte.
Ce que cela implique pour un professionnel
Quatre règles.
Ne jamais laisser la règle de mesurage implicite, l'unité seule ne suffisant pas.
Vérifier que la règle est la même pour toutes les entreprises consultées.
Choisir l'unité en fonction de ce qui détermine le coût, et non par habitude.
Écarter le métré au profit du comptage ou du forfait lorsque la quantité ne représente pas le travail.
Cet article présente une méthode d'orientation professionnelle. Il ne reproduit aucun contenu de document normatif.